© Damien Glez
Publié aujourd’hui à 16h03
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Les internautes guinéens n’accèdent plus à certains réseaux sociaux. Et la galère ne semble venir ni de perturbations liées à la saison des pluies ni d’une insuffisance technique. Les utilisateurs de VPN parvenant à contourner le problème, il paraît bien y avoir à la racine une volonté d’empêcher les Guinéens de surfer confortablement, en particulier sur Facebook, TikTok et YouTube, les réseaux les plus prisés du pays. Des difficultés sont également signalées sur WhatsApp, sans que le gouvernement ou l’Autorité de régulation des postes et des télécommunications, sollicités par des associations et des médias, n’aient apporté de réponse.
De telles interruptions ont lieu régulièrement en Guinée. Sous le régime transitoire qui a suivi le coup d’État de Mamadi Doumbouya, en septembre 2021, un porte-parole du gouvernement avait même assumé une coupure numérique de trois mois. Celui-ci, Ousmane Gaoual Diallo, allant même jusqu’à déclarer que, en Guinée, « internet n’est pas un droit ». La coupure actuelle n’étonne donc pas outre mesure.
Des tensions à cacher ?
Le pays n’est pourtant pas censé traverser l’une de ces périodes de crise pendant lesquelles les débats numériques sont parfois accusés d’envenimer les discours et de susciter les violences. Non seulement la Guinée affirme avoir mené à bien le retour à l’ordre constitutionnel – avec notamment l’élection de Doumbouya à la présidence de la République –, mais, en plus, le désormais général s’offre actuellement le luxe d’un séjour privé en Grèce. Tout irait donc pour le mieux.
En dehors de toute tension politique explicitée, l’Union pour la défense des consommateurs de Guinée et l’Association des blogueurs de Guinée (Ablogui) réclament donc un retour immédiat à la normale en matière d’accès à l’ensemble des réseaux sociaux. Il en va de la liberté d’expression, du droit à l’information et du bon fonctionnement d’une économie 2.0., notamment dans le secteur du commerce digital.
Si la coupure d’internet devait se prolonger, les observateurs ne pourraient que s’interroger sur la stabilité affichée du régime. Au début du mois, l’armée guinéenne ne s’est-elle pas sentie obligée de réaffirmer publiquement sa « loyauté indéfectible » à Mamadi Doumbouya ? Dans un communiqué diffusé ce 3 août, le chef d’état-major général des armées invitait quant à lui les citoyens à « ne pas céder à la désinformation ».
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