Guinée : l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana condamné en appel à une peine moins lourde

Publié aujourd’hui à 10h21
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Ibrahima Kassory Fofana s’est vu infliger, ce 2 juillet en appel, une peine de trois ans et neuf mois d’emprisonnement pour enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Incarcéré depuis avril 2022, il avait été condamné en première instance à cinq ans de prison pour détournement de fonds, enrichissement illicite et corruption par la Cour de répression des infractions économiques et financières (Crief), une juridiction anticorruption instituée par les militaires qui ont renversé le président Alpha Condé.

La chambre d’appel de cette juridiction l’a en outre condamné à verser 3 milliards de francs guinéens (environ 300 000 euros) à l’État, qui s’est constitué partie civile et a ordonné la confiscation de certains de ses fonds. Toutefois, Ibrahima Kassory Fofana a été relaxé des accusations de détournement de deniers publics.


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La Cour lui reproche des malversations portant sur 15 milliards de francs guinéens (plus de 1,6 million d’euros) destinés à la gestion de la lutte contre le Covid et à des programmes économiques et sociaux, sous Alpha Condé.

Pourvoi en cassation

L’ex-Premier ministre n’a jamais comparu devant la cour, invoquant des problèmes de santé. Il devrait prochainement recouvrer la liberté après avoir purgé sa peine dans une clinique. Son avocat, Me Sidiki Bérété, a annoncé jeudi se pourvoir en cassation devant la Cour suprême : « Nous croyons fermement à l’innocence de notre client », a-t-il dit à l’AFP.

Chef du gouvernement du président Alpha Condé de mai 2018 à septembre 2021, Ibrahima Kassory Fofana est l’un des nombreux anciens dirigeants et figures de l’opposition ou de la société civile incarcérés ou inquiétés sous la junte. Les militaires arrivés au pouvoir par un coup d’État avaient officiellement fait de la lutte contre la corruption, considérée comme endémique en Guinée, un de leurs combats proclamés.

« On devait t’éliminer » : en Guinée, les enlèvements au cœur de la machine répressive

Depuis, le chef de la junte, Mamadi Doumbouya, a été élu président pour un mandat de sept ans le 28 décembre dernier en dépit de sa promesse de rendre le pouvoir aux civils au terme d’une période de transition. Depuis qu’il a pris le pouvoir, plusieurs partis politiques ont été suspendus, les manifestations – interdites depuis 2022 – sont réprimées et de nombreux dirigeants de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil. Les disparitions forcées et enlèvements de ceux ayant une voix dissidente et de leurs proches se sont également multipliés.


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(Avec AFP)


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