Haïti – Corruption : Moïse Jean-Charles accuse Fils-Aimé d’avoir “acheté” le vote de Vertilaire avec une Rolex, un véhicule et des visas américains
L’ancien sénateur Moïse Jean-Charles a formulé de nouvelles accusations contre le Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé, affirmant que celui-ci aurait obtenu le soutien politique de l’ex-conseiller-présidentiel Vertilaire Emmanuel au moyen d’avantages matériels et diplomatiques, lors de la tentative de révocation du chef du gouvernement « pour incompetence » par une majorité de l’ex-Conseil présidentiel de transition décrié.
Selon Moïse Jean-Charles, intervenant à l’émission Booster sur Radio Méga, Alix Didier Fils-Aimé [NDLR: aurait] a offert une montre Rolex à l’épouse de Vertilaire Emmanuel, « très heureuse « , ainsi qu’un véhicule flambant neuf, afin « d’influencer la position de l’ancien conseiller-présidentiel, pour ne pas le renvoyer « .
L’ex-sénateur soutient également que deux visas américains auraient été facilités pour les deux enfants de Vertilaire Emmanuel, dans un contexte où ce dernier aurait initialement accepté de voter en faveur du renvoi du Premier ministre.
Ces accusations interviennent plusieurs mois après la crise ouverte au sein du CPT autour du maintien ou non d’Alix Didier Fils-Aimé à la Primature.
Le 23 janvier 2026, Rezo Nòdwès rapportait que Leslie Voltaire et Edgard Leblanc Fils affirmaient maintenir la résolution révoquant le Premier ministre, avec l’annonce attendue d’une publication au Moniteur pour acter son remplacement. Le média soulignait alors que la majorité qualifiée du CPT disait assumer la décision de révoquer le chef du gouvernement.
Dans le même article, Rezo Nòdwès relevait aussi l’absence de plusieurs conseillers à la conférence de presse, dont Emmanuel Vertilaire, qui avait quitté la Villa d’accueil pour participer, aux côtés d’Alix Didier Fils-Aimé, à la cérémonie de graduation de la 35e promotion de la Police nationale d’Haïti. Ce détail nourrit aujourd’hui la lecture politique de Moïse Jean-Charles, qui y voit le signe d’un basculement décisif en faveur du maintien du Premier ministre.
L’ancien sénateur accuse également Claude Joseph d’avoir rejoint le camp de Didier Fils-Aimé, dénonçant une recomposition politique autour du secteur économique et des intérêts privés. Dans le même entretien, il a critiqué le décret relatif aux mines, estimant que la gestion du sous-sol haïtien représente un enjeu de souveraineté nationale et ne saurait être confiée à une autorité de transition contestée.
Aucune preuve documentaire indépendante n’a, à ce stade, été rendue publique pour confirmer les allégations relatives à la Rolex, au véhicule ou aux visas. Mais ces déclarations ravivent les soupçons de marchandage politique, alors que le CPT reste associé à de graves controverses de corruption, notamment l’affaire BNC dans laquelle Emmanuel Vertilaire, Smith Augustin et Louis Gérald Gilles avaient été cités dans un rapport de l’ULCC sur des allégations de sollicitation de 100 millions de gourdes.
cba
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