Haïti | Don Rocher dénonce un rara payé pour Martelly, accusé d’avoir soutenu les gangs ayant poussé des milliers d’Haïtiens à l’exil forcé

Des 350 000 Haïtiens menacés d’expulsion des États-Unis : plusieurs ont fui les gangs dont Michel Martelly est accusé d’avoir favorisé l’essor, se désole Don Rocher –

NEW YORK — Le retour en Haïti de l’ancien président Michel Martelly continue de susciter de vives réactions. Alors que près de 350 000 Haïtiens vivant aux États-Unis demeurent confrontés à la perspective d’une expulsion, « nombre d’entre eux ont précisément quitté leur pays pour échapper à l’insécurité et à l’emprise des groupes armés », a déclaré le journaliste sportif et analyste politique Don Rocher.

Or, le nom de Michel Martelly figure dans plusieurs rapports internationaux faisant état de liens présumés entre des responsables politiques et les gangs opérant en Haïti, a poursuivi M. Rocher. Il a rappelé que l’Union européenne avait sanctionné Sweet Micky en raison de ses liens présumés avec des groupes criminels, tandis qu’un rapport d’experts des Nations unies l’avait également cité dans ce contexte. Les autorités américaines ont, par ailleurs, déjà fait état d’allégations concernant ses liens présumés avec le trafic de stupéfiants, accusations que l’ancien président a contestées.

L’accueil réservé à Michel Martelly lors de son arrivée en Haïti a provoqué l’incompréhension de plusieurs observateurs. Selon Don Rocher, les rassemblements de rara organisés pour saluer son retour n’auraient rien eu de spontané. Il affirme que ces groupes auraient été rémunérés pour participer à cette démonstration de soutien et soutient que cette mobilisation proviendrait d’un réseau associant le PHTK à des secteurs de Lavalas au sein du gouvernement de doublure dirigé par Alix Didier Fils-Aimé.

Don Rocher estime également que Michel Martelly, au regard des soupçons qui pèsent sur lui, aurait dû être immédiatement arrêté à sa descente d’avion et remis à la justice. « Alix Didier Fils-Aimé aurait beaucoup à gagner s’il avait fait placer Michel Martelly sous les verrous dans le dossier des fonds PetroCaribe présumément dilapidés. Il aurait marqué un point dans sa tentative de crédibiliser les élections. Mais, malheureusement, Alix Didier Fils-Aimé s’est arrangé pour lui offrir un cordon de sécurité et transformer un simple citoyen vivant aux États-Unis en homme important », a déclaré l’analyste.

M. Rocher s’interroge enfin sur la capacité de la justice haïtienne à agir en toute indépendance. « Reste à savoir si la justice haïtienne va reproduire le scénario d’octobre 2021 dans l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse », a-t-il affirmé. Au-delà des controverses entourant le retour de l’ancien chef de l’État, cette séquence ravive le débat sur l’impunité, la responsabilité présumée de certains dirigeants dans la crise sécuritaire et la crédibilité des institutions appelées à organiser le prochain scrutin.

cba

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