« Il leur manque une paire de c… », Matthieu Kassovitz atomise les politiques français avant d’apporter son soutien à Dominique de Villepin
Dans un paysage politique français souvent jugé déconnecté des réalités, la parole franche d’un artiste vient parfois secouer le cocotier médiatique. C’est précisément ce qu’a fait le réalisateur et acteur Mathieu Kassovitz lors d’un entretien accordé au magazine Marianne.
Actuellement engagé dans le projet cinématographique La Bataille de Gaulle où il incarne l’amiral Darlan, le cinéaste s’est livré à une charge mémorable contre la classe politique contemporaine, déplorant un déficit flagrant de courage et de vision.
Entre nostalgie d’un gaullisme authentique et pragmatisme électoral, Mathieu Kassovitz n’hésite pas à distribuer les bons et les mauvais points, allant jusqu’à briser sa propre abstinence électorale pour apporter un soutien à l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin.
Le courage en politique, de l’héritage de de Gaulle à la désillusion contemporaine pour Mathieu Kassovitz
Interrogé sur la figure historique du général de Gaulle, qui inspire le long-métrage auquel il participe, Mathieu Kassovitz n’a pas fait preuve de langue de bois. Pour lui, le Général représente avant tout « une grosse paire de couilles », une formule fleurie et imagée pour désigner ce qui, selon ses termes, manque cruellement à la vie politique d’aujourd’hui.
Le réalisateur de La Haine fustige l’incapacité des dirigeants actuels à se mettre personnellement en danger, préférant envoyer les autres au front plutôt que de prêcher par l’exemple et de guider par l’action comme il le regrette dans les colonnes de Marianne. Face à la récupération politique universelle de la figure gaulliste, de La France Insoumise au Rassemblement National, Mathieu Kassovitz rappelle que le courage ne se décrète pas par opportunisme : on ne peut se réclamer d’un tel courage que si l’on est soi-même prêt à « aller au feu ».
Cette absence de leaders capables de lever les foules sans sombrer dans la démagogie l’amène à poser un diagnostic sévère sur l’évolution des élites actuelles. Pour illustrer cette dérive, il fait un parallèle avec le personnage historique de l’amiral Darlan qu’il incarne à l’écran, un militaire qui a changé de camp à trois reprises durant la Seconde Guerre mondiale par pur opportunisme tactique.
Pour Mathieu Kassovitz, le dernier véritable héritier de cette trempe politique courageuse était Jacques Chirac. Bien qu’il ait initialement perçu l’ancien président comme un « raciste patenté » après ses propos polémiques sur « le bruit et l’odeur » dans sa jeunesse, l’acteur reconnaît aujourd’hui en lui un véritable humaniste qui a fait un excellent travail lors de son dernier mandat. C’est cet héritage d’une France indépendante, fière et fidèle à ses valeurs fondamentales qu’il cherche désormais, en vain, chez la plupart des responsables contemporains.
L’option Villepin et l’indépendance d’un artiste face aux systèmes actuels
C’est justement dans la lignée de Jacques Chirac que se situe le coup de cœur politique de Mathieu Kassovitz. Évoquant le refus historique de la France d’intervenir en Irak en 2003, une époque où « le monde était prêt à faire n’importe quoi », le cinéaste exprime sa profonde admiration pour le tandem Chirac-Villepin.
Grâce à sa collaboration avec le réalisateur Antonin Baudry, ancien conseiller diplomatique de Dominique de Villepin, Mathieu Kassovitz a pu s’entretenir directement avec l’ex-chef du gouvernement au sujet de son discours mémorable aux Nations unies. Le verdict de l’artiste est sans appel : bien qu’il n’ait jamais voté de sa vie à aucune élection, il se dit prêt à briser cette règle pour un homme comme Dominique de Villepin, qu’il qualifie de « seule option raisonnable » dans la crise actuelle.
Depuis toujours, Mathieu Kassovitz cultive une liberté de ton qui se retrouve dans ses choix professionnels et ses prises de position. Il prépare actuellement l’adaptation ambitieuse de la bande dessinée La bête est morte !, prévue pour Noël 2027 avec un budget conséquent de 25 millions d’euros. Pour ce projet, il explore des technologies innovantes, comme l’intelligence artificielle, afin de stimuler la créativité artisanale et de contrer l’influence des effets spéciaux digitaux même si le sujet s’avère clivant.
Mais le réalisateur se moque des critiques. Pour rappel, dans son milieu professionnel, Mathieu Kassovitz affiche une certaine indépendance. Il n’a par exemple pas signé la tribune Zapper Bolloré, préférant mettre en avant son travail direct avec le groupe Canal+. Plutôt que de se laisser aller aux critiques, il encourage ses confrères à exprimer leurs convictions politiques à travers des œuvres engagées, prônant une « révolution à travers leur art ». Avec une pointe d’humour, il suggère même que Vincent Bolloré pourrait bien produire ces films, à condition qu’ils soient porteurs de projets forts.
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