Il voulait lui faire entendre « le clic du percuteur » : entre alcool et violence, le parcours trouble de Dominique P. accusé du meurtre de sa compagne
« Gentil », « altruiste » lorsqu’il est sobre, Dominique P. se révèle « agressif » et « pas fréquentable » lorsqu’il a consommé de l’alcool. Le quinquagénaire est jugé devant la cour d’assises du Tarn pour meurtre par une personne agissant en état d’ivresse manifeste et détention d’arme sans autorisation. Dans la nuit du 10 au 11 janvier 2024, il est accusé d’avoir tué sa compagne, au terme d’une soirée où la boisson a enflammé un couple « réputé pour leur relation toxique ».
Côté pile, Dominique P., jugé jusqu’à la fin de la semaine devant la cour d’assises du Tarn, apparaît comme un quinquagénaire « gentil », et même « altruiste ». Côté face, son portrait change du tout au tout lorsque l’accusé s’adonne à la consommation d’alcool.
Le Tarnais comparaît devant les jurés pour meurtre par une personne agissant en état d’ivresse manifeste et détention d’arme sans autorisation. Les faits remontent à la nuit du 10 au 11 janvier 2024. Gendarmes et secours, appelés par la sœur de l’accusé, sont dépêchés au deuxième étage de l’immeuble HLM « Le Moulin du Paradou », à Brassac. Au sol gît le corps d’une femme de 50 ans, atteinte par un projectile au thorax. Seul présent sur les lieux, Dominique P., le visage rouge, les yeux brillants et l’haleine sentant l’alcool, est immédiatement placé en garde à vue.
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Que s’est-il passé dans le huis clos de cet appartement ? Si, au moment de contacter sa sœur, le Brassagais parle d’une « crise de jalousie » et du « suicide » de sa compagne, la nuit en cellule de dégrisement le fait changer de version. Devant les enquêteurs, il reconnaît avoir tiré mais sans intention de tuer la victime. Dans une nouvelle soirée de dispute alcoolisée, ce dernier aurait voulu « intimider » sa moitié et lui faire entendre « le clic du percuteur ». « J’ai fait une con****e », avouera-t-il à l’un de ses frères par message vocal, une heure après le coup de feu. Ce n’est que plus tard qu’il admettra avoir chargé l’arme au préalable de deux cartouches.
« Une enfance terrible »
Dans le box, Dominique P., vêtu d’une chemise blanche, maintient sa version. « J’ai appuyé sur la détente, malheureusement le coup est parti ». Les analyses décrivent un tir à « 30 à 50 cm » de la victime quand l’accusé, lui, parle d’une distance d’environ deux mètres.
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Deuxième d’une fratrie de quatre, l’homme, âgé aujourd’hui de 57 ans, a un parcours marqué par la violence et l’alcool. Un père « très dur envers moi et ma famille », alcoolique, et une mère « qui a fait ce qu’elle a pu ». Un contexte qui marquera l’accusé dès le jeune âge, décrit comme vulnérable sur le plan émotionnel, impulsif et sensible à la critique par la psychologue qui l’a interrogé pendant sa détention provisoire.
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À 17 ans, Dominique P. commence à consommer de l’alcool. Une addiction qui ne le quittera pas et qui va s’accroître après le décès de son père en 2010, puis lors de la rencontre avec la victime. Alcoolisé, il est décrit comme « moins fréquentable » et agressif par l’un de ses frères, ce dernier retrouvant « le même tempérament » que son géniteur. Une boisson qui va petit à petit s’installer dans sa vie, lui coûtant même un emploi dans une pizzeria de la ville.
Un couple « réputé pour leur relation toxique »
« Il est dans le déni de cette problématique d’alcool », constatait, quelques jours après son incarcération, l’enquêtrice de personnalité. À la barre, l’homme semble avoir accepté son addiction. « J’ai eu le temps de réfléchir, je suis sevré, je n’y pense plus ».
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Avec la victime, il l’admet : « j’ai bu davantage avec elle ». Les deux étaient « réputés pour leur relation toxique et leur consommation régulière d’alcool », relate le directeur de l’enquête. Si aucun n’était connu de la justice pour des faits de violence, les militaires tarnais ont recensé une trentaine d’interventions à leurs domiciles respectifs en un an, notamment pour des violences réciproques. Les voisins de l’accusé et de la victime décrivent de nombreux éclats de voix et de disputes entre les deux. Une relation « qui ne pouvait que mal se terminer », confie aux enquêteurs un ami du couple.
Pourquoi, à son domicile, Dominique P. entreposait-il deux armes de catégorie C et des cartouches de calibre 12 et, surtout, était-il autorisé à les posséder ? Le deuxième jour du procès devrait permettre de dresser plus finement les contours d’une soirée glaciale qui a basculé dans l’horreur.
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