« Je n’ai pas fait de coup d’État » : le maire de Rivière-Pilote ferme les locaux de RLDM, les bénévoles du MIM dans l’incompréhension

La situation a pris de court ce dimanche matin (19 avril) à Rivière-Pilote. Les bénévoles de la radio associative Radio Lévé Doubout Matinik (RLDM), média emblématique de la Martinique, ont découvert leurs locaux fermés : portes cadenassées, serrures changées, accès impossible. Selon les premiers éléments, la municipalité aurait décidé de récupérer les lieux.

Francine Carius, secrétaire nationale et coordinatrice du MIM, dénonce une mesure injustifiée. 

« Je ne suis pas en colère, je réagis, je dénonce un certain nombre de choses. RLDM est une radio, qui émet depuis 1986. C’est une radio d’opinion, créée à l’initiative du MIM et d’Alfred-Marie Jeanne. Ce matin, nous avions l’émission « La parole au peuple ». Tous les dimanches matins de 10h à midi, il y a un représentant du MIM, un dirigeant du MIM, un membre d’un comité patriote du MIM. Ce matin étaient invités les trois conseillers de l’opposition au conseil municipal de Rivière-Pilote. Le maire nous a reproché d’avoir eu de tels invités et il a décidé de fermer l’accès de la radio par un cadenas. Voilà ce qui justifie, la mobilisation d’aujourd’hui. Il nous reproche d’avoir invité deux semaines après les élections, les conseillers de l’opposition, comme si à Rivière-Pilote il n’y avait pas d’opposition. Mais l’opposition a le droit de s’exprimer, autant que lui. On n’est pas dans un pays totalitaire. »

Francine Carius, secrétaire nationale et coordonnatrice du MIM et vice-présidente du GRAC (Groupe d’action culturel Eugene LACAILLE) qui porte la radio RLDM · ©interrogée par Stéphane Lupon

« C’est un manque de respect« 

De son côté, le maire de Rivière-Pilote, Jean-François Beaunol, réfute toute décision arbitraire. Il affirme avoir agi en réaction à ce qu’il considère comme un « manque de respect » envers l’édilité, qui finance en partie les infrastructures de la radio.

« Je n’ai pas fait de coup d’état. Le maire de Rivière-Pilote a décidé de fermer la radio, de fermer la porte d’accès aux bâtiments publics, simplement parce que les conditions de réalisation d’une émission avec les opposants au maire, deux semaines après les élections, me semblaient d’une irrévérence exceptionnelle. C’est un manque de respect vis-à-vis de la municipalité, qui paye les locaux, qui paye le téléphone, qui paye les équipements. J’avais déjà annoncé que si on manquait de respect à la municipalité que je dirige, j’aurais arrêté cela. »

Jean-François Beaunol, maire de Rivière-Pilote · ©interrogé par Stéphane Lupon

 Le premier magistrat de la commune explique également avoir engagé des discussions avec les responsables de la structure afin de redéfinir son fonctionnement.

« J’ai reçu le président et son technicien jeudi dernier. Nous nous sommes mis d’accord sur un mode de fonctionnement : remise en œuvre d’une convention entre la ville et le GRAC, modernisation ou élargissement de son conseil d’administration pour permettre aux associations de la ville de trouver une place pour que le GRAC ne soit pas qu’une organisation politique. On s’est mis d’accord sur ça. Malheureusement, il n’a pas pensé à me dire que les premières personnes qu’il a invitées à la radio après les élections étaient mes opposants. J’ai trouvé ça inacceptable. »

Selon nos informations, la radio devrait reprendre ses émissions dans le courant de la journée.

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