Jean-Dominique Senard, président de Renault, s’apprête à tirer sa révérence après sept ans de service et un pari réussi – franceinfo
Le « grand capitaine d’industrie », Jean-Dominique Senard, annonce qu’il prépare sa succession pour 2027. Arrivé à la tête d’un groupe fragilisé en 2019 après l’affaire Carlos Ghosn, Jean-Dominique Senard a su redresser Renault et relancer la stratégie du groupe.
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« Je ne ferai pas le mandat de trop », a assuré, jeudi 30 avril, devant l’assemblée générale des actionnaires, celui qui a pris la tête de l’entreprise, il y a sept ans maintenant. Appelé à la rescousse par l’État pour redresser le constructeur automobile, alors fragilisé par l’affaire Carlos Ghosn, il avait été nommé au début de l’année 2019.
À cette époque, Carlos Ghosn venait de démissionner de son poste de PDG de Renault, après son arrestation à Tokyo par les autorités japonaises pour malversations. Jean-Dominique Senard se retrouve alors à la tête d’une entreprise en crise. Une nouvelle stratégie est mise en place, avec un double objectif : s’imposer en tant que nouveau patron et regagner des parts de marché.
Le dirigeant le reconnaît : au plus fort de la crise, en 2019, la promesse de permettre à la marque au losange de retrouver le rang qu’elle méritait relevait en grande partie de l’auto-persuasion. Mais, au fil des mois, ce « patron de la dernière chance » parvient à remobiliser des équipes déjà résilientes, tout en s’appuyant sur une gouvernance solide. Les résultats finissent par suivre : au premier trimestre de cette année, Renault réalise un chiffre d’affaires de 12,5 milliards d’euros, au-dessus des attentes des analystes.
Au tournant des années 2000, le groupe a été contraint de mettre en place des plans d’économies, avec des milliers de suppressions d’emplois. Aujourd’hui encore, la direction prévoit de réduire de 15 à 20% ses effectifs d’ingénierie dans le monde d’ici deux ans, sur un total d’environ 12 000 ingénieurs. Parallèlement, le constructeur prévoit le lancement de 36 nouveaux modèles d’ici 2030, dont une quinzaine hors d’Europe, ainsi que l’accélération de l’électrification de ses voitures et le développement de l’intelligence artificielle.
Une fois sa succession assurée à la présidence de Renault en 2027, Jean-Dominique Senard, 73 ans, pourra aspirer à une retraite bien méritée, à moins d’être appelé à d’autres fonctions ou missions de réflexion. Ancien dirigeant de Michelin, appelé au secours de Renault, il laissera l’image d’un patron à la fibre sociale mais aussi celle d’un patron à poigne.
Il est notamment l’auteur d’un rapport, corédigé en 2018 avec Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT, qui recommandait de renforcer la présence et le rôle des salariés au sein des conseils d’administration des entreprises françaises.
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