Une adaptation graphiquement d’une grande justesse graphique du roman à succès de Sandrine Collette.
Résumé : Le monde a été dévasté par une vague géante, qui a englouti la majeure partie des terres émergées. Patrick, Madie et leurs neuf enfants ont survécu et sont restés vivre dans leur maison placée sur un promontoire rocheux, espérant – en vain – que la mer redescende. La famille survit tant bien que mal, mais il faut partir, d’autant que l’eau continue de monter… Lorsqu’un canot vide arrive jusqu’à chez eux, le couple décide de partir. Mais le frêle esquif ne peut pas faire tenir tous les enfants… Avec qui partir ? Qui laisser sur place ? C’est à ce choix moralement impossible, mais indispensable à la survie de leur famille, que le couple est confronté.
Critique : Réalisateur, animateur et dessinateur de bande dessinée, Dominique Monféry offre avec Juste après la vague une nouvelle adaptation d’un roman contemporain, après Un pour tous (2024) et Le serpent majuscule (2025), déjà parus chez Rue de Sèvres. Le dessinateur se saisit du roman post-apocalyptique de Sandrine Collette, qui met en scène un drame familial déchirant. Pour survivre, il faut partir, mais pour partir, il faut nécessairement laisser à quai une partie de la famille. Le couple se déchire face à cette situation, mais fait le choix rationnel de laisser à quai 3 de leurs enfants. Louie, l’aîné, Perrine qui a perdue l’usage d’un œil et Noé, le petit dernier, se lèvent un matin et découvrent que le reste de leur famille est partie… Dès lors, le récit se coupe en deux trames parallèles. On suit d’un côté le périple de Patrick, Madie et de leurs 6 enfants en quête des « hautes terres » d’où ils espèrent trouver du secours, et ramener leurs trois derniers enfants avant que la mer (ou la faim) ne les engloutissent. Pendant ce temps, les trois enfants livrés à eux-mêmes tentent de survivre et font eux-mêmes face à des choix difficiles.
- © Dominique Monféry / Rue de Sèvres
Juste après la vague est un livre aux sujets très contemporains tant par son par son thème, la catastrophe climatique qui vient, et par son traitement narratif, en explorant la sphère de l’intime et les conséquences de nos décisions. Le récit porte de façon très convaincante des sujets difficiles, tout en restant accessible à de jeunes lecteurs. En effet, Dominique Monféry privilégie le point de vue des enfants, avec leur innocence et leur naïveté, plutôt que celui des adultes. Ce choix apporte une certaine fraîcheur à ce récit sombre.
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- © Dominique Monféry / Rue de Sèvres
Cette adaptation de Dominique Monféry séduit également par la richesse de son dessin. Le dessinateur offre de belles aquarelles et se saisit pleinement des potentialités graphiques offertes par la représentation de la mer et de ses infinies variations de couleurs. Chaque planche fait l’objet d’un soin minutieux dans le découpage, le choix des couleurs et la construction des décors, conférant à l’album son caractère maîtrisé. Il en ressort une lecture parfois âpre, eu égard aux thèmes traités, mais toujours belle, tant sur le plan graphique que par la solidarité exprimée par les membres de cette famille désespérée.
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