La Côte d’Ivoire évalue le potentiel d’une filière locale de pomme de terre

Une étude de faisabilité commandée par GUDE-PME conclut que la Côte d’Ivoire dispose des conditions nécessaires au développement d’une filière pomme de terre locale, avec des opportunités identifiées dans l’approvisionnement en plants certifiés, l’accompagnement agronomique et le développement de la chaîne de valeur.

Selon cette étude, la Côte d’Ivoire dépend aujourd’hui presque entièrement des importations pour satisfaire ses besoins en pommes de terre. D’après les données de FAOSTAT, les importations ont atteint environ 62 140 tonnes en 2022, pour une valeur estimée à près de 12 millions de dollars américains. Les Pays-Bas comptaient parmi les principaux fournisseurs, aux côtés de l’Égypte, du Maroc, du Mali, du Niger et du Burkina Faso. Les importations de pommes de terre surgelées représentaient par ailleurs un montant supplémentaire de 2 millions de dollars.

Le rapport estime qu’une superficie d’environ 3 000 hectares, sur la base d’un rendement de 20 tonnes par hectare, serait nécessaire pour remplacer les volumes actuellement importés.

Réalisée par EUCORD en mai 2024, l’étude identifie le nord de la Côte d’Ivoire comme une zone propice à la production durant la saison de l’harmattan, de novembre à février. Les régions de Korhogo, Ferkessédougou, Odienné, Touba ainsi que certaines parties de Bouaké présentent des conditions favorables à la culture de la pomme de terre, notamment grâce à des températures plus fraîches pendant la saison sèche, une amplitude thermique marquée entre le jour et la nuit et l’accès à des infrastructures d’irrigation.

Sur le plan agronomique, le rapport met en avant la nécessité de disposer de sols bien drainés, d’une irrigation fiable, d’une rotation culturale adaptée et du recours à des variétés précoces et tolérantes à la chaleur. Parmi les variétés considérées comme adaptées pour une phase d’évaluation figurent Arizona, Paradiso, Claudia, Desiree, Kondor, Baraka et Maradona.

Le rapport précise que les plants de pomme de terre représentent environ 50 % du coût total de production. En s’appuyant sur l’expérience acquise en Guinée, le coût total de production pourrait atteindre environ 4,25 millions de FCFA par hectare, soit l’équivalent d’environ 7 400 dollars américains. La rentabilité dépend de l’obtention de rendements supérieurs à 15 tonnes par hectare, tandis que des rendements compris entre 18 et 25 tonnes par hectare permettent de générer des résultats positifs dans le cadre de débouchés commerciaux structurés.

Plusieurs institutions ont exprimé leur intérêt pour accompagner le développement de cette filière, notamment GUDE-PME, le CNRA, l’ANADER, le FIRCA, des organisations de producteurs ainsi que des entreprises privées.

L’étude préconise une approche progressive, en commençant par un projet pilote de 50 à 100 hectares dans le nord du pays. Les actions envisagées comprennent des essais variétaux, la formation des producteurs, le financement des intrants, l’appui à l’irrigation ainsi que le développement de débouchés commerciaux. Des visites d’échange auprès de projets de production de pomme de terre en Guinée et au Mali sont également recommandées.

Parmi les domaines de collaboration potentiels identifiés figurent l’approvisionnement en plants certifiés, les essais et l’homologation variétale, les engrais, les produits phytosanitaires, les intrants biologiques, les systèmes de stockage, les technologies post-récolte ainsi que les programmes de formation technique.

Pour plus d’informations :
Ministerie van Landbouw, Visserij, Voedselzekerheid en Natuur
Tél. : +31 (0) 70 379 8911
[email protected]
www.agroberichtenbuitenland.nl

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