La Côte d’Ivoire se tourne vers le savoir-faire égyptien pour développer sa filière halieutique

Principale source de protéine animale du pays, le poisson est au coeur de l’accord de coopération noué avec le Caire. L’objectif est d’accroître l’offre et de répondre aux besoins grandissants.

Après avoir sollicité l’expertise du Brésil dans la viande, la Côte d’Ivoire se rapproche désormais de l’Egypte pour renforcer son offre en produits halieutiques. Fin juin, le ministère ivoirien des Ressources animales et halieutiques a ainsi paraphé au Caire, un protocole d’accord avec l’Autorité Générale pour le Développement des Ressources Halieutiques (General Authority for Fish Resources Development-GAFRD).

Le texte vise à intensifier la coopération dans les domaines de la pêche, de l’aquaculture et de la protection du milieu marin, avec un accent particulier sur le développement de la pisciculture et la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

Un savoir-faire égyptien reconnu

Avec ce rapprochement, la première économie de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) espère tirer le meilleur parti de l’expérience du pays des pharaons, qui s’est imposé sur la dernière décennie comme le premier producteur de produits halieutiques en Afrique. D’après les données du Département américain de l’agriculture (USDA), la production totale de poissons en Égypte a augmenté de 35 %,  passant de 1,48 million de tonnes en 2014 à 2 millions de tonnes en 2023.

Sur la période, c’est l’aquaculture qui a porté la dynamique contribuant désormais pour 80 % de l’offre totale de poissons (1,57 millions de tonnes). Cette performance qui fait de l’industrie égyptienne la première du continent, repose sur des investissements privés massifs dans les fermes piscicoles, les infrastructures de transformation et la maîtrise sanitaire des chaînes de production.

La Côte d’Ivoire qui, comme l’Egyp’’te, consomme et produit majoritairement du tilapia, pourrait ainsi s’inspirer du savoir-faire du pays d’Afrique du Nord, qui depuis bientôt 30 ans a accumulé de l’expérience dans l’amélioration génétique de l’espèce, les bonnes pratiques de gestion, et la recherche sur les maladies avec le soutien de WorldFish, organisme de recherche et d’innovation à but non lucratif, membre du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR).

Newsletter

Ma Tribune

L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Le pays peut également capitaliser sur ses avancées dans l’adoption des systèmes innovants de circulation de l’eau et l’efficacité alimentaire avec l’utilisation d’aliments extrudés, plus digestibles et dont la flottabilité permet de mieux gérer la distribution des rations et d’obtenir des rendements supérieurs.

Des besoins importants en poissons

Si les autorités ivoiriennes misent sur la coopération avec l’Egypte, c’est parce que a filière halieutique doit monter en puissance pour faire face à la demande galopante. Selon les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le pays a consommé 534 000 tonnes de poissons en 2023, mais n’en a produit que 92 000 tonnes.

Face à cette situation qui entretient des importations, le gouvernement a fait de l’aquaculture une priorité nationale. En janvier 2022, le Programme stratégique de transformation de l’aquaculture (PSTACI), été dévoilé avec l’objectif de porter la contribution de ce segment à environ 500 000 tonnes par an à l’horizon 2030.

Ce plan-cadre a ensuite été complété par une feuille de route ciblée sur le développement du tilapia. L’objectif fixé pour cette espèce est de porter la production à 68 000 tonnes d’ici 2031.

Plus récemment en mars dernier,  le Projet de Développement des Chaînes de Valeur Compétitives de l’Aquaculture et de la Pêche Durable (ProDeCAP) a été lancé à SanPédro pour une durée de cinq ans. Doté d’un budget de 19 milliards FCFA (près de 29 millions d’euros), le projet est cofinancé à hauteur de 85 % par un prêt de la Banque africaine de développement (BAD).

Il vise un renforcement de la gouvernance et la gestion durable des pêches maritimes, lagunaires et continentales, tout en dynamisant l’aquaculture et en améliorant la compétitivité des chaînes de valeur. Au total, 700 000 personnes devraient en bénéficier, directement ou indirectement.

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.