La Cour suprême du Canada détermine que la nomination d’un lieutenant-gouverneur unilingue anglophone au N.-B. est inconstitutionnelle
Article content
La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) se réjouit de la décision historique rendue, le 12 juin, par la Cour suprême du Canada dans l’affaire portant sur la nomination au Nouveau-Brunswick d’un lieutenant-gouverneur unilingue.
Advertisement 2
Article content
Par une majorité de six juges contre trois, la plus haute Cour du pays reconnaît que la nomination d’un lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick ne possédant pas la capacité de comprendre les deux langues officielles et de communiquer dans celles-ci enfreint le paragraphe 16(2) de la Charte canadienne des droits et libertés réaffirmant ainsi le caractère pleinement bilingue de la province et l’égalité des deux communautés linguistiques de langue officielle.
Selon la présidente de la SANB, Nicole Arseneau-Sluyter, la ANB sera toujours là, comme chien de garde des droits linguistiques de la communauté francophone au Nouveau-Brunswick devant les tribunaux, devant les gouvernements, devant qui que ce soit.
«Nous sommes fiers d’avoir entrepris ces démarches pour réaffirmer l’égalité des communautés linguistiques. Ce n’est pas toujours facile, mais nous allons continuer à nous battre pour nos droits» affirme-t-elle.
Dans sa décision, la Cour porte une attention particulière à la spécificité du Nouveau-Brunswick, seule province officiellement bilingue du Canada. Elle stipule que les dispositions de la Charte spécifique à la province sont le fruit d’intenses revendications politiques menées par la minorité francophone.
Advertisement 3
Article content
Par l’entremise d’un communiqué, la SANB ajoute que l’égalité linguistique acquiert ainsi une résonance particulière dans la province, et toute analyse interprétative doit s’ancrer dans cette réalité.
De plus les dirigeants de l’organisme maintiennent que les droits linguistiques ne doivent jamais être perçus comme exceptionnels ni comme une demande d’accommodement, car ils sont constitutionnels, et ils sont exécutoires.
«Ce sont sept ans de lutte qui trouvent leur aboutissement. Ce jugement confirme ce que nous défendons depuis 2019, soit que nos droits linguistiques ne sont pas une question de convenance, mais un droit qui doit être respecté» conclut la présidente de la SANB.
Par ailleurs, la SANB salue la contribution de l’honorable Brenda L. Murphy aux communautés de la province, notamment dans l’avancement de l’égalité des sexes, de la justice sociale et de la lutte contre la pauvreté. L’organisme précise que son recours visait un principe constitutionnel et non la personne de Mme Murphy.
Advertisement 4
Article content
Mme Arseneau-Sluyter souligne le travail accompli par les avocats Me Gabriel Poliquin, Me Érik Labelle Eastaugh et Me Charles Daoust qui ont porté ce dossier avec détermination, constance et rigueur.
«Nous remercions également la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, le Commissaire aux langues officielles du Canada et l’Association des juristes d’expression française du Nouveau-Brunswick pour leur appui en tant qu’intervenants.»
Enfin, la SANB se tourne vers l’ensemble de la communauté acadienne et francophone du Nouveau-Brunswick.
«Votre soutien indéfectible pendant toutes ces années nous a donné la force de tenir bon. Cette victoire est la vôtre!»
La SANB s’engage à continuer à lutter et à demeurer vouée à la défense et à la promotion des droits et des intérêts de la communauté acadienne et francophone du Nouveau-Brunswick.
Article content
Crédit: Lien source