La France, l’Italie et l’Espagne demandent un soutien accru à l’Europe

Réunies fin juin à Irouléguy, au Pays basque, les grandes organisations professionnelles françaises, italiennes et espagnoles ont adopté une position commune. Elles demandent à leurs gouvernements respectifs et à la Commission européenne de faire du soutien à la filière viticole une priorité. Ce rendez-vous annuel, appelé « Groupe de contact », est l’occasion pour les trois principaux pays producteurs de l’Union européenne d’échanger sur les difficultés du secteur et d’harmoniser leurs positions. Compte-rendu. 

Les participants ont dressé un état des lieux validé par les trois pays : changement climatique qui affecte régulièrement les récoltes, consommation mondiale qui ralentit, marchés export qui restent instables dans le contexte géopolitique actuel, et coûts de production qui continuent d’augmenter. Ils souhaitent donc s’exprimer d’une voix commune, pour demander une simplification administrative, jugée nécessaire pour ne pas pénaliser davantage la compétitivité des entreprises.

Les derniers chiffres de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), publiés en mai, donnent une idée de l’ampleur du ralentissement : la consommation mondiale est tombée à 208 millions d’hectolitres en 2025, en baisse de 2,7 % sur un an, un niveau plus vu depuis 1957. Sur la période 2018-2025, le recul atteint 14 %. Face à cela, chaque pays a mis en place ses propres mesures pour protéger la filière, comme les plans d’arrachage en France, des plans de communication massifs sur la filière viti-vinicole en Espagne ou en Italie. 

Le budget de la PAC, principal point de vigilance

La question qui préoccuppe le plus les trois pays concerne la Politique Agricole Commune (PAC). Les demandes sont sans équivoque, le budget dédié au vin ne doit pas être réduit, et il faut que les aides restent entièrement financées par l’Union européenne, sans passer à un système où les États membres devraient cofinancer une partie du soutien. Pour les professionnels de la filière, un tel changement risquerait de créer des écart de soutien selon les pays et, à terme, de fragiliser l’équilibre du marché unique.

Le groupe de contact tient par ailleurs à saluer la méthode de travail adoptée par le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, sur le « paquet vin », ainsi que les réponses concrètes qu’il a apportées aux attentes du secteur, notamment sur la désalcoolisation et l’étiquetage numérique. Le groupe demande que ces avancées, obtenues après deux années de travail, soient désormais mises en œuvre sans attendre et pleinement intégrées à la future PAC.

Produit de culture, à consommer avec modération

Au-delà des questions budgétaires, la filière tient aussi à rappeler la place particulière du vin dans la société. Alors que les politiques de santé publique prennent une importance croissante, les représentants insistent sur une distinction importante. Consommé avec modération, le vin n’est pas un produit de consommation comme un autre. C’est avant tout un produit de plaisir et de culture, hérité de savoir-faire transmis de génération en génération, indissociable des territoires et des traditions qui l’ont vu naître et qui, dès lors qu’il est bu raisonnablement, trouve pleinement sa place dans un mode de vie sain.

La position défendue à Irouléguy tient en deux volets, d’un côté, un soutien sans ambiguïté aux actions contre les excès et les abus d’alcool ; de l’autre, le souhait que les pouvoirs publics continuent à accompagner et à promouvoir une consommation responsable et modérée, comme faisant partie d’un mode de vie équilibré. L’idée sous-jacente est de ne pas assimiler la lutte contre l’alcoolisme à une remise en cause du vin en tant que tel, et de conserver une place à sa promotion, dès lors qu’elle reste associée à la modération.

Pour l´Espagne, étaient présentes les associations suivantes : l’Asociación Empresarial Vinos de España (AEVE), l’Asociación de Jóvenes Agricultores (ASAJA), les Coopératives agro-alimentaires d’Espagne, la Conférence espagnole des conseils régulateurs vitivinicoles (CECRV), Coordinadora de Organizaciones de Agricultores y Ganaderos (COAG, la Fédération espagnole du vin (FEV), l’Organisation interprofessionnelle du vin d’Espagne (OIVE), l’Union des petits agriculteurs et éleveurs (UPA) et l’Union des unions d’agriculteurs et d’éleveurs. Pour la France, étaient présentes les associations FNSEA – Commission Viticole, La Coopération agricole – Vignerons coopérateurs de France (VCF), Vignerons Indépendants de France, la Maison des Vignerons (CNAOC), Confédération des Vins IGP de France (VINIGP), Comité National des Interprofessions des Vins (CNIV), Union des Maisons & Marques de Vin (UMVIN) Pour l’Italie, l’Alliance des coopératives agroalimentaires italiennes, Assoenologi, CIA – Agricoltori Italiani, Coldiretti, Confagricoltura, Copagri, Federdoc, Federvini, FIVI et Unione Italiana Vini – UIV


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