La France rejoint l’Observatoire SKA, le plus grand radiotélescope au sol du monde

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La France est devenue officiellement ce jeudi 4 juin le 14e membre de l’Observatoire SKA (SKAO), l’organisation internationale chargée de construire et d’exploiter les plus grands réseaux de radiotélescopes au monde. Une adhésion qui consacre plusieurs années d’implication scientifique et industrielle françaises dans un projet appelé à transformer notre compréhension de l’univers.

La France a officiellement rejoint hier l’Observatoire SKA (SKAO), l’organisation intergouvernementale qui pilote la construction des plus grands radiotélescopes jamais conçus. L’adhésion est entrée en vigueur après la signature des documents de ratification par Emmanuel Macron. Cette arrivée marque une nouvelle étape pour le SKAO, dont le nombre de membres a doublé depuis sa création en 2021. La France devient ainsi le 14e État membre d’une infrastructure scientifique mondiale destinée à révolutionner la radioastronomie au cours des prochaines décennies.

131 072 antennes en Australie, 197 paraboles en Afrique du Sud

Le projet SKA repose sur deux instruments complémentaires : SKA-Low (131 072 antennes ressemblant à des arbres), installé en Australie, observera l’Univers à basse fréquence, tandis que SKA-Mid (197 antennes paraboliques), en Afrique du Sud, sera dédié à des fréquences radio plus élevées. Ensemble, ces télescopes permettront d’étudier certaines des plus grandes énigmes de l’astrophysique : la naissance des premières étoiles et galaxies, l’évolution cosmique des galaxies, les champs magnétiques, les pulsars, les ondes gravitationnelles ou encore les conditions favorables à l’apparition de la vie.

Les antennes de SKA-Low qui seront en Australie.
DR

Pour la communauté scientifique française, cette adhésion constitue l’aboutissement de plus d’une décennie d’engagement. Le projet figure parmi les grandes priorités nationales en astronomie et mobilise aujourd’hui de nombreux organismes de recherche et établissements d’enseignement supérieur au sein du consortium SKA-France.

Le rôle majeur de la France dans le développement des capacités de calcul

La contribution française ne se limite pas à la recherche fondamentale. Notre pays joue également un rôle majeur dans le développement des capacités de calcul nécessaires au fonctionnement de l’observatoire. Les télescopes SKA produiront, en effet, des volumes de données considérables – jusqu’à un milliard de Go par jour – qui devront être traités par des infrastructures informatiques parmi les plus puissantes au monde. En 2025, la société Bull a ainsi obtenu un premier contrat de construction lié au Science Data Processor, le système chargé de transformer ces flux massifs de données en images scientifiques exploitables.

La France s’appuie également sur des infrastructures reconnues comme NenuFAR et le radiotélescope de Nançay, qui ont contribué à des avancées majeures en radioastronomie. Les chercheurs français sont par ailleurs présents dans la quasi-totalité des groupes scientifiques du projet SKA.

Pour le SKAO, l’arrivée de la France représente l’intégration d’un partenaire disposant à la fois d’une longue tradition en astronomie et d’une expertise reconnue dans le calcul intensif. À quelques mois des premières opérations scientifiques, ce renfort confirme l’ambition internationale d’un observatoire appelé à devenir une référence mondiale pour l’exploration de l’Univers.

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