La Guinée dit non à l’Éco

(SenePlus) – Après plusieurs semaines de débat interne, Conakry a tranché : la Guinée conservera le franc guinéen et n’intégrera pas l’Éco, la future monnaie unique de la CEDEAO, selon les informations rapportées par TV5 Monde le 2 juillet 2026. Pour de nombreux Guinéens interrogés par la chaîne, ce choix dépasse la simple question monétaire. Un habitant de Conakry explique préférer le franc guinéen parce qu’il incarne, selon lui, la souveraineté du pays et sa propre monnaie. D’autres nuancent toutefois, rappelant qu’une monnaie forte ne suffit pas sans emploi, formation des jeunes et création de valeur économique réelle.

Cette décision intervient alors que les chefs d’État de la CEDEAO ont confirmé, le 19 juillet en Sierra Leone, le lancement progressif de l’Éco à partir de 2027, appelée à remplacer à terme le franc CFA dans la région.

Selon un économiste cité par TV5 Monde, la Guinée aurait tout à perdre en rejoignant la zone Éco. L’adhésion impose en effet des critères stricts, dont un plafonnement du déficit public à 3% du PIB, une inflation maîtrisée et un endettement contrôlé, en échange d’échanges commerciaux facilités avec les pays membres. Or, la Guinée ne réalise qu’environ 15% de ses échanges avec l’espace CEDEAO, sa croissance reposant avant tout sur la bauxite, le fer et le méga-projet minier Simandou, largement tournés vers la Chine plutôt que vers l’Afrique de l’Ouest. Rejoindre l’Éco reviendrait donc, selon cet expert, à bloquer les devises tirées de ces exportations et à perdre la maîtrise de sa politique économique.

Ce choix pragmatique pourrait, selon TV5 Monde, inspirer d’autres pays disposant de leur propre monnaie et hésitant eux aussi à franchir le pas, à l’image du Nigeria ou du Ghana.

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