La journée internationale de lutte contre l’homophobie célébrée à Schoelcher

Le 17 mai (dimanche), marque la journée internationale de lutte contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie. Une manifestation était organisée pour la première fois par l’association « Anti Kozé Épi Viv », au Cercle Nautique de Schoelcher. Au programme, une conférence débat, un défilé communautaire et des ateliers de maquillage inclusif.

Cette initiative locale avait pour objectif de valoriser la communauté LGBTQIA+, mais aussi de sensibiliser les martiniquais, face à certains préjugés encore bien présents sur l’île. Véronique Dowling Carter, présidente de l’association « Anti Kozé Épi Viv », explique que cet évènement a été difficile à organiser :

J’étais toute seule à la base sur ce projet. Cela n’a pas été facile, mais je me suis accrochée. Il y a toujours beaucoup de préjugés, à force de ne pas recevoir de réponse j’ai commencé à me dire : je veux faire une journée contre toutes les discriminations, alors que je suis discriminée. Mais je n’ai pas lâché.  

Une discrimination qui persiste

L’évènement est aussi l’occasion de mettre en lumière les discriminations que subissent les membres de la communauté sur le territoire, à l’image de Freya Dowling Carter, femme transgenre :

J’ai un double regard, parce que je suis Martiniquais, mais j’habite dans l’Hexagone et je viens assez souvent ici. Du coup, j’ai les deux visions. La Martinique a ce côté plus hypocrite, on ne va rien dire devant vous, par contre on va subir des regards déplacés. En Hexagone c’est plus frontal, les gens qui ne nous aiment pas sont prêts à nous agresser pour ça. Donc ça prouve quand même qu’en Martinique, on peut amener les gens à la discussion.

Selon la sociologue Nadia Chonville, les préjugés sont très difficiles à déconstruire en Martinique, du fait de certains relents de l’époque coloniale :

La dichotomie des sexes, c’est-à-dire l’idée que l’humanité serait séparée en deux genres distincts, c’est quelque chose qui est à la base de la construction du capitalisme, et de l’entreprise colonialiste. L’homophobie d’État, c’est quelque chose qui arrive avec l’expérience colonialiste. C’est parce qu’il fallait imposer une destruction de population, dans la Caraïbe et dans les peuples dont nous provenons, il n’y a jamais eu de problèmes avec les personnes LGBT.

L’évènement a été un franc succès et a permis de rassembler les membres de la communauté LGBTQIA+ de Martinique, autour de la lutte contre les discriminations.

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