La tournée élyséenne de Dominique de Villepin est passée par Saint-Etienne | IF Saint-Etienne

Il n’en était pas très loin sur France Info le 31 mai. Mais sans avoir prononcé la phrase faisant franchir le Rubicon – « Je suis candidat à l’élection présidentielle » -, l’ex Premier Ministre (2005 / 2007) de Jacques Chirac, mène depuis des mois une tournée séduction dans la France en perspective de la Présidentielle 2027. Pour susciter « le rassemblement et peser le moment venu », martèle t-il. Déjà 13 régions et plus d’une quarantaine villes de toutes tailles parcourues. Saint-Etienne est la dernière en date. C’était ce vendredi 5 juin, tandis que ce qui émerge comme un parti – La France Humaniste – se structure : cet après-midi à Saint-Etienne, le quasi candidat a revendiqué près de 60 000 adhérents, plus de 800 cercles dans le pays et une centaine de personnes, à plein temps, sur le terrain. Sa tournée, assure-t-il, consiste aussi bien à se manifester auprès de Français que « de les écouter », élus locaux ou citoyens. « Ce n’est pas « moi, moi, moi » mais « nous, nous, nous » ! ».

Dominique de Villepin : « Là ce sont les éliminatoires »

En cela, il considère « continuer à apprendre » malgré ses 72 ans tout en ne cachant pas une expérience à faire valoir autour d’un rassemblement ambitieux mais nécessaire qui irait « de Ruffin jusqu’aux LR hermétiques au RN ». Côté élus locaux, reconnaît-il volontiers, il y a l’anticipation des signatures : il lui en avait manqué une trentaine sur 500 lors de sa tentative de candidature 2012. À son arrivée ce matin à Saint-Etienne, un accueil républicain par la Ville de Saint-Étienne (hors presse) était prévu, suivi d’un « Café Humaniste » place Jean Jaurès où il a effectivement échangé avec quelques dizaines de Ligériens. Avant un déjeuner avec des élus et une visite de CEPM industrie (Saint-Priest-en-Jarez). Citoyens titulaires d’un mandat public ou non, « partout, l’accueil est bon. Il faut dire que je n’ai pas d’ennemis en politique ». Quelques-uns tout de même, semble-t-il puisqu’il attribue « l’affaire des statuettes », certes à une « erreur » commise mais surtout à une volonté de nuire de la part de proches de Sarkozy. Certes encore, cela est « plus ou moins » de la politique…      

L’impuissance publique alimente surenchère identitaire de la part des extrêmes. Elle ne résoudra rien

En attendant de proposer des remèdes, Dominique de Villepin en est donc au diagnostic d’une France qui a « ses atouts, comme ici à Saint-Etienne, ses réservoirs de talents » mais n’arrive plus à les faire valoir en raison d’une « impuissance publique » qui alimente une « surenchère identitaire de la part des extrêmes. Mais elle ne résoudra rien ». Elle doit à nouveau « anticiper » et « planifier » comme elle avait su le faire il y a 80 ans… Diagnostic aussi d’un paysage politique qui estime les Macronistes – au sens large – disqualifiés pour la suite vis-à-vis de « Français qui sauront faire l’inventaire » – et les dirigeants LR d’aujourd’hui (il a été encarté RPR puis UMP de 1977 à 2012) aspirés par la logique RN : « Sur toutes les grandes questions, il n’y a pas un papier cigarette de différence ». Un extrême qu’il semble d’ailleurs avoir tendance à pointer en priorité : « Le risque final, c’est la victoire du RN…»

Mais sa candidature n’accentuerait-elle pas l’embouteillage conduisant à sa victoire face à LFI au 2e tour ? « C’est pour ça que je clame le rassemblement, nous répond-il, tenacement affable. Là ce sont les éliminatoires et d’autres volontés viendront en attendant le tableau final de janvier-février.»

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