Le riz hybride chinois apporte un nouvel espoir de récolte abondante aux populations guinéennes (REPORTAGE) – Xinhua
(Xinhua/Liu Qiong)
CONAKRY, 20 juin (Xinhua) — En juin, à Koba, dans la préfecture de Boffa, dans l’ouest de la Guinée, la saison des récoltes bat son plein. Dans une usine de transformation située à proximité des rizières dorées, des sacs de riz portant l’inscription « Riz hybride chinois, fabriqué en Guinée » sont prêts à être acheminés vers les marchés.
Pour de nombreux agriculteurs locaux, cette scène de récolte abondante représente une évolution importante. La Guinée dispose d’importantes ressources en eau et de terres fertiles. Pourtant, pendant longtemps, la faiblesse des infrastructures agricoles et le manque de techniques modernes ont limité l’amélioration des rendements agricoles.
Afin d’explorer de nouvelles solutions pour accroître la production alimentaire, la Chine et la Guinée ont lancé en 2019 un projet pilote de riz hybride dans la sous-préfecture de Koba. Des experts agricoles chinois et le ministère guinéen de l’Agriculture ont mené conjointement des essais variétaux et la promotion des techniques agricoles adaptées.
« Pourquoi avoir choisi la Guinée ? Parce que le pays bénéficie de bonnes conditions naturelles et que le riz constitue l’un des aliments de base les plus importants pour la population locale », a expliqué Zhang Zhengrong, directeur général de la société agricole Yilonghe pour la Guinée.
En 2021, la société chinoise a apporté trois variétés de riz hybride à Koba et les techniciens y ont mené des essais et des évaluations sur ces variétés. « Les résultats ont montré qu’elles s’adaptaient toutes aux conditions naturelles de Koba. Deux d’entre elles, en particulier, ont affiché des performances remarquables », a indiqué Souleymane Diawara, chef de la station de recherche agronomique de Koba.
Après plusieurs années d’expérimentations et de démonstrations, le riz hybride chinois s’est progressivement adapté à l’environnement écologique local. Aujourd’hui, le nombre de variétés introduites dans la base de démonstration est passé à six, avec un rendement maximal atteignant neuf tonnes par hectare. Un niveau de production qui a fortement impressionné les acteurs agricoles locaux.
« Nous avons aussi de bonnes variétés locales. Certaines peuvent produire environ trois, quatre, voire cinq tonnes par hectare. Mais le riz hybride chinois peut atteindre huit à neuf tonnes par hectare. A mes yeux, c’est remarquable, ce rendement », a témoigné M. Diawara.
Au-delà de l’avantage en matière de rendement, la qualité du riz hybride chinois est également reconnue. « Nous avons réalisé des tests aussi. Nous en avons mangé ensemble et le goût est impeccable. Nous pensons que le riz hybride chinois présente non seulement un rendement élevé, mais aussi une bonne qualité », a-t-il ajouté.
La hausse de production obtenue grâce au riz hybride chinois ne repose pas uniquement sur les semences elles-mêmes. Au début du projet, de nombreuses parcelles agricoles de Koba souffraient de canaux d’irrigation obstrués et de systèmes de drainage vieillissants, tandis que les méthodes agricoles traditionnelles restaient largement dominantes.
Après leur arrivée sur place, les experts agricoles chinois ont participé à la réhabilitation des infrastructures hydrauliques utilisées pour les cultures tout en introduisant des techniques complémentaires telles que la préparation des plants, le repiquage, la fertilisation scientifique et la lutte contre les maladies et ravageurs, aidant progressivement les agriculteurs à établir un modèle moderne de gestion agricole.
Expert agricole fort de plus de 40 ans d’expérience dans la culture du riz hybride, Liu Guangyou travaille en Guinée depuis 2020 et participe activement aux formations techniques locales. A chaque saison, des agriculteurs et des techniciens agricoles viennent dans la base de démonstration pour apprendre la préparation des sols, la production des plants, la fertilisation, la prévention des maladies et des catastrophes ainsi que la gestion des champs.
« Après plusieurs années d’efforts, les agriculteurs locaux qui appliquent nos méthodes techniques ont vu leurs bénéfices agricoles augmenter généralement de plus du double. Par ailleurs, les superficies cultivées avec des semences améliorées et des techniques modernes ont été multipliées par quatre à cinq par rapport à notre arrivée », a-t-il expliqué.
Les changements apportés par la diffusion des technologies ne se manifestent pas seulement dans les champs, mais aussi dans la participation croissante des agriculteurs locaux. Zhang Zhengrong a indiqué qu’à chaque saison de culture, l’équipe forme environ une centaine d’agriculteurs locaux afin qu’ils participent à l’ensemble du processus de production et découvrent directement les effets des technologies agricoles modernes.
« La scène la plus marquante est celle de la période des récoltes chaque année. Nous organisons une dégustation de riz et invitons les agriculteurs voisins ainsi que les responsables locaux à y participer. Lorsqu’ils voient notre récolte, ils sont aussi heureux que s’il s’agissait de la leur », s’est-il réjoui.
Pour les services agricoles locaux, l’amélioration des capacités techniques est encore plus importante que l’augmentation de la production. Seydouba Sylla, directeur préfectoral de l’Agriculture et de l’Elevage de la préfecture de Boffa, estime que l’arrivée des technologies agricoles chinoises a créé des conditions favorables à la formation de talents agricoles locaux et permis à davantage d’agriculteurs de découvrir les concepts et méthodes de l’agriculture moderne.
Pour les chercheurs agricoles locaux, l’objectif à venir ne consiste pas seulement à cultiver du riz à haut rendement, mais aussi à maîtriser les technologies associées. « Si nous pouvons maîtriser la technologie de production des semences, cela nous permettra non seulement de favoriser notre propre développement, mais aussi d’aider les agriculteurs locaux à parvenir à un développement autonome. Ils pourront alors organiser eux-mêmes leur production », selon M. Diawara.
En avril dernier, le Premier ministre guinéen Amadou Oury Bah a fait parvenir en Chine un sac de riz hybride produit à Koba, sur lequel il a écrit une phrase : « Ce sac de riz est le symbole parfait de la coopération entre la Guinée et la Chine ».
Selon lui, la promotion du riz hybride dans la préfecture de Boffa n’est pas seulement un résultat de la coopération agricole, mais aussi une illustration de l’approfondissement constant de la coopération pragmatique entre les deux pays dans les domaines de la sécurité alimentaire et du développement agricole.
De la culture de démonstration à la formation technique, de l’introduction de variétés améliorées à leur adaptation aux conditions locales, le riz hybride chinois continue de pousser et de s’étendre sur cette terre d’Afrique de l’Ouest, offrant de nouvelles perspectives au développement agricole local. Fin

(Xinhua/Liu Qiong)

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