Lina Altawell
07 Mai 2026•Mise à jour: 07 Mai 2026
AA / Khartoum / Adel Abdelraheem
Le Soudan a convoqué le coordinateur humanitaire résident des Nations unies ainsi que les représentants des agences onusiennes accréditées dans le pays afin de les mettre en garde contre toute coopération avec la soi-disant « Autorité nationale pour l’accès humanitaire », affiliée aux Forces de soutien rapide (FSR), groupe paramilitaire.
Le mois dernier, une administration liée aux FSR et basée à Nyala, dans l’ouest du Soudan, a créé une structure parallèle chargée des affaires humanitaires. Celle-ci a ordonné aux organisations locales et étrangères de s’enregistrer dans un délai de 30 jours et d’ouvrir des bureaux dans les zones contrôlées par les FSR sous 45 jours.
Dans un communiqué publié tard mercredi, le ministère soudanais des Affaires étrangères a indiqué avoir convoqué le coordinateur humanitaire résident de l’ONU ainsi que l’ensemble des représentants des agences onusiennes « afin de leur faire part du rejet par le gouvernement de la décision erronée prise par le bras politique de la milice rebelle des FSR ».
Le ministère a averti que toute relation institutionnelle avec l’organisme administré par les FSR, notamment à travers des procédures d’enregistrement ou la signature de protocoles d’accord, serait considérée comme « un soutien à des entités parallèles illégitimes et une violation flagrante de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Soudan ».
Selon le communiqué, de telles démarches unilatérales vont à l’encontre d’une déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU publiée en août 2025, qui rejetait toute tentative de création d’autorités ou de structures parallèles, qualifiées de « menace directe pour la stabilité du Soudan et de la région ».
Le ministère a également appelé toutes les organisations internationales et régionales accréditées au Soudan à demander à leur personnel de respecter strictement la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité du pays, avertissant qu’aucune atteinte à la souveraineté de l’État ne serait tolérée.
Par ailleurs, il a réaffirmé son engagement à coordonner avec les agences des Nations unies afin de faciliter l’accès humanitaire à toutes les populations dans le besoin, à travers les canaux officiels et légitimes de l’État.
Ni l’ONU ni les FSR n’ont réagi dans l’immédiat à cette déclaration.
En juillet dernier, les FSR avaient annoncé la formation d’un gouvernement parallèle dans les zones sous leur contrôle, malgré l’opposition des autorités soudanaises, du Conseil de sécurité de l’ONU, de l’Union africaine, de l’Union européenne et de la Ligue arabe.
Les FSR contrôlent les cinq États du Darfour, dans l’ouest du Soudan, à l’exception de certaines parties du Darfour-Nord qui restent sous le contrôle de l’armée, tandis que l’armée conserve son autorité sur la majorité des autres États, y compris la capitale, Khartoum.
Le Soudan traverse l’une des pires crises humanitaires au monde depuis le déclenchement de la guerre en avril 2023 entre l’armée et les FSR, en raison d’un différend sur l’intégration de cette force paramilitaire au sein de l’armée régulière. Le conflit a provoqué une famine, fait des dizaines de milliers de morts et entraîné le déplacement de 13 millions de personnes.
* Traduit de l’anglais par Adama Bamba
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