Les 100 Visages du Burkina Digital : Dr Borlli Michel Jonas Somé, le chercheur qui prépare le Burkina Faso à l’ère de l’intelligence artificielle
Les révolutions numériques les plus durables naissent dans les laboratoires de recherche, les amphithéâtres universitaires et les centres de formation. Elles prennent forme grâce à des enseignants-chercheurs qui, bien avant que les technologies ne deviennent des réalités économiques, forment les compétences, développent les connaissances et ouvrent de nouveaux champs d’innovation. Au Burkina Faso, Dr Borlli Michel Jonas Somé appartient à cette catégorie de bâtisseurs.
Enseignant-chercheur, Maître de conférences en informatique, spécialiste des bases de données, des systèmes d’information et, plus récemment, de l’intelligence artificielle appliquée aux langues africaines et à la santé numérique, il consacre depuis plus de vingt ans son expertise à la formation des ingénieurs et à la production de connaissances scientifiques. Son parcours, qui conjugue excellence académique et responsabilités administratives, fait aujourd’hui de lui l’une des figures majeures de la recherche informatique au Burkina Faso. Depuis avril 2025, il occupe les fonctions de Secrétaire général du Ministère de la Transition Digitale, des Postes et des Communications Électroniques, où il met son expérience universitaire au service des politiques publiques du numérique.
Une vocation construite autour de l’informatique
Le parcours de Borlli Michel Jonas Somé débute avec une passion précoce pour les sciences exactes. Après un baccalauréat série E au Lycée technique de Ouagadougou, il poursuit ses études au Maroc, où il obtient successivement une licence en informatique, un Diplôme d’Études Supérieures Approfondies en réseaux informatiques, puis un doctorat en sciences appliquées, spécialité informatique, à l’École Mohammadia d’Ingénieurs de l’Université Mohammed V de Rabat.
Cette solide formation scientifique lui permet d’acquérir une maîtrise approfondie des systèmes d’information, des bases de données et des architectures informatiques, à une période où les technologies numériques commencent à transformer profondément les administrations et les entreprises africaines.
Former plusieurs générations d’informaticiens
Depuis octobre 2005, Dr Somé est enseignant-chercheur permanent à l’École Supérieure d’Informatique (ESI) de l’Université Nazi BONI. Affilié au Laboratoire d’Algèbre, de Mathématiques Discrètes et d’Informatique (LAMDI), il dispense des enseignements couvrant l’algorithmique, la programmation, les systèmes d’information, les bases de données, les technologies web et XML, ainsi que l’administration et la sécurité des bases de données.
Au fil des années, il contribue à former plusieurs générations d’ingénieurs, de développeurs et de chercheurs qui occupent aujourd’hui des responsabilités importantes dans les administrations, les universités, les entreprises technologiques et les startups du Burkina Faso. Pour lui, la souveraineté numérique commence par la maîtrise des compétences.
Bâtir une école de référence
Au-delà de son activité d’enseignant, Borlli Michel Jonas Somé joue un rôle majeur dans le développement institutionnel de l’École Supérieure d’Informatique. Après avoir exercé les fonctions de Directeur adjoint entre 2009 et 2013, il devient Directeur de l’ESI de septembre 2023 à avril 2025.
À la tête de cette école, il accompagne le renforcement de la qualité des formations, le développement de la recherche scientifique et l’ouverture de l’établissement vers les nouveaux domaines du numérique, notamment l’intelligence artificielle et les sciences des données. Cette responsabilité prolonge un engagement ancien en faveur de l’excellence académique.
Quand l’intelligence artificielle parle les langues africaines
L’un des aspects les plus remarquables du parcours de Dr Somé réside dans son orientation vers des recherches qui répondent directement aux réalités africaines. Ses travaux portent aujourd’hui sur les bases de données, les ontologies et le Web sémantique, les plateformes d’e-learning, l’intelligence artificielle, le traitement automatique des langues naturelles (Natural Language Processing – NLP).
Sous sa direction, plusieurs thèses explorent des problématiques inédites, comme la reconnaissance des émotions et le traitement automatique de la parole en mooré, la traduction vocale entre le mooré et l’anglais, ou encore le développement de jeux sérieux pour la transmission des savoirs endogènes. Ces recherches démontrent que l’intelligence artificielle peut être mise au service de la valorisation des langues nationales et des connaissances locales, un enjeu essentiel pour un développement numérique inclusif.
L’intelligence artificielle au service de la santé
Dr Somé s’intéresse également aux applications de l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé. Il dirige actuellement plusieurs travaux doctoraux portant sur l’automatisation du diagnostic de la malaria grâce à l’apprentissage automatique, l’utilisation des grands modèles de langage (LLMs) pour intégrer les terminologies biomédicales locales aux standards internationaux, les technologies mobiles destinées à améliorer la littératie en santé dans les zones défavorisées. À travers ces recherches, il contribue à faire émerger une intelligence artificielle adaptée aux réalités africaines, capable d’améliorer concrètement les services de santé.
Une recherche reconnue à l’international
Les travaux de Dr Borlli Michel Jonas Somé sont publiés dans plusieurs revues et conférences scientifiques internationales. En 2025, il codirige notamment les actes de la première conférence internationale AFRI² – Africa Data, Artificial Intelligence and Innovations, consacrée aux données, à l’intelligence artificielle et aux innovations africaines, publiés chez Springer.
Ses publications récentes portent notamment sur la traduction vocale des langues africaines par Deep Learning, les jeux de données pour les langues à faibles ressources, les outils d’annotation audio et vidéo en langues africaines, l’e-santé, la littératie numérique en santé, les technologies mobiles destinées aux populations vulnérables. Ces travaux contribuent à renforcer la visibilité internationale de la recherche burkinabè en intelligence artificielle.
De l’université à la gouvernance du numérique
Le parcours de Dr Somé ne se limite pas à la recherche. Entre 2014 et 2016, il occupe les fonctions de Secrétaire général de l’Agence nationale de promotion des TIC (ANPTIC), où il participe à la mise en œuvre de plusieurs programmes de développement numérique. Depuis avril 2025, il est Secrétaire général du Ministère de la Transition Digitale, des Postes et des Communications Électroniques. À ce poste, il contribue à la coordination administrative et stratégique des politiques publiques relatives à la transformation digitale, aux infrastructures numériques et à l’innovation. Cette double expérience, académique et institutionnelle, lui permet de rapprocher le monde de la recherche des besoins concrets de l’administration.
Former les chercheurs de demain
Au-delà de ses propres travaux, Dr Somé est un bâtisseur d’équipes de recherche. Il dirige ou codirige plusieurs thèses de doctorat dans des domaines aussi variés que l’intelligence artificielle, le Deep Learning, le traitement automatique de la parole, la santé numérique, les systèmes d’information, les jeux sérieux appliqués aux savoirs endogènes. À travers cet encadrement, il contribue à faire émerger une nouvelle génération de chercheurs capables d’apporter des réponses africaines aux défis numériques contemporains.
Une vision du numérique fondée sur la recherche et l’innovation
Chez Dr Borlli Michel Jonas Somé, le numérique ne peut être durable que s’il s’appuie sur une recherche scientifique de qualité. Former des ingénieurs, produire des connaissances, développer des solutions adaptées aux réalités locales et rapprocher l’université des politiques publiques : telle est la ligne directrice de son parcours. Cette vision rejoint pleinement les ambitions de Le Faso Digital 2026, qui place l’intelligence artificielle, la recherche et l’innovation au cœur de la souveraineté numérique du Burkina Faso.
Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?
Parce qu’il est l’un des principaux artisans de la formation des compétences informatiques au Burkina Faso.
Parce qu’il contribue, depuis plus de vingt ans, à développer une recherche de haut niveau dans les domaines des systèmes d’information, des bases de données et de l’intelligence artificielle.
Parce qu’il œuvre à faire des langues africaines, de la santé numérique et des connaissances endogènes de nouveaux champs d’application de l’intelligence artificielle.
Et parce qu’il incarne cette génération d’universitaires qui mettent la science, la recherche et l’innovation au service de la transformation numérique du Burkina Faso.
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