Les agriculteurs asphyxiés par la hausse du prix du diesel et des engrais

À deux piastres et quelque chose du litre, tu vois quasiment les toonies sortir par l’exhaust, lance Christian Michaud, copropriétaire de la Ferme Michaud, à Bouctouche.

Les agriculteurs voient leurs coûts de production grimper.

Le tracteur qui est derrière moi, c’est comme 200 $ de plus pour le remplir, souligne Christian Michaud, en ajoutant que le total augmente vite en faisant au moins deux pleins par semaine.

L’agriculteur Christian Michaud affirme que le plein de diesel dans son tracteur coûte 200 $ de plus qu’auparavant.

Photo : Radio-Canada / Myriam Breau

Cette hausse tombe en plein cœur de la saison des semences.

On ne peut pas choisir. On ne peut pas attendre. Il faut travailler le sol, puis il faut planter. Il faut que ce soit fait parce que tous les jours comptent tout de suite, explique M. Michaud.

Sans diesel, la production tournerait au ralenti.

Le tracteur, la batteuse, toute la machinerie à foin, le transport. On oublie souvent, mais le transport est une grosse partie aussi. Puis, les camions utilisent tous du diesel que ce soit pour sortir les produits de la ferme ou apporter les intrants à la ferme, précise Joël Lamarche, deuxième vice-président de l’Alliance agricole du Nouveau-Brunswick.

Le prix des engrais bondit

Pendant que le prix du carburant monte en flèche, celui des engrais suit la même tendance.

Pour l’engrais, les engrais azotés, on utilise beaucoup de l’urée granulaire. Je parlais avec mon fournisseur, puis le prix a monté comme de 40 % depuis février. C’est énorme, indique M. Lamarche.

Ce sont des coups durs difficiles à encaisser pour le secteur agricole.

Il va y avoir une grosse, grosse pression sur les fermes de la province. J’ai l’impression qu’il va peut-être y avoir des faillites, peut-être dans la prochaine année ou dans les prochaines années, craint M. Lamarche.

Un homme interviewé par vidéoconférence.

Joël Lamarche, deuxième vice-président de l’Alliance agricole du Nouveau-Brunswick.

Photo : Zoom

L’impact pourrait se rendre jusque dans le panier d’épicerie des consommateurs.

La crise que l’on vit comme c’est là, c’est mondial, ajoute Joël Lamarche. Il reste à voir la manière que les gouvernements vont prendre pour [soutenir] leurs fermes. Si les moyens sont plus gros dans d’autres pays que nous autres, ça risque de nous affecter plus, là.

En attendant, les agriculteurs se croisent les doigts pour que les conditions météorologiques soient de leur côté, dans l’espoir d’obtenir un maximum de récoltes.

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