« Les dispositifs actuels ne suffisent pas » : orpaillage illégal, les autorités Wayana appellent l’État à déclarer la guerre
Le ton est donné, dans un communiqué les autorités coutumières Wayana demandent à l’État de déclarer la guerre contre l’orpaillage illégal. Tous les signataires dressent un constat sans appel : malgré les opérations de lutte successives, rien ne change, l’orpaillage illégal sévit et les sites se multiplient. Pour eux, les promesses n’ont pas été tenues.
« L »État sait que la situation est grave, il sait que les dispositifs actuels ne suffisent pas. Il sait que les effets sanitaires sont déjà présents…que son action est inefficace »
Communiqué des autorités Wayana adressé au Préfet de Guyane
Les conséquences environnementales
Selon eux, les conséquences ne font aujourd’hui plus débat. Ils évoquent la contamination au mercure des cours d’eau, la destruction des écosystèmes amazoniens, la dégradation des territoires coutumiers ainsi que le renforcement des réseaux.
« Quand une politique est reconduite pendant des années sans transformation durable. Elle ne peut plus être présentée comme une réponse efficace. Elle devient un mode de gestion de la situation. »
Communiqué des autorités Wayana adressé au Préfet de Guyane
189 chantiers d’orpaillage illégal en 2025
Le chiffre a été annoncé lors du conseil d’administration du Parc amazonien de Guyane qui a eu lieu le 3 mars, au siège de l’établissement public, à Rémire-Montjoly. 189 chantiers d’orpaillage illégal ont été comptabilisés par les agents du Parc, lors d’un survol de plusieurs jours en début d’année.
Il s’agit d’un record depuis la création du Parc amazonien de Guyane en 2007. Lors du survol de juillet 2025, les agents avaient compté 176 chantiers clandestins, et 120 en février 2025.
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Camopi, les habitants organisent eux-mêmes la lutte contre l’orpaillage illégal
Les habitants de Camopi, dans l’Est guyanais, subissent depuis longtemps les allers – retours des Garimpeiros sur les différents cours d’eau. La commune, à l’instar de celles Maripasoula, Papaïchton ou encore Saül, est touchée par l’orpaillage illégal. Les habitants ne se sentent pas en sécurité et subissent la pollution de l’eau.
Les gendarmes sont pourtant très présents sur cette zone dans la lutte contre l’orpaillage illégal, comme le confirme cette résidente de la commune de 2 176 habitants. Récemment, en février, une patrouille de l’escadron 47/2 de Périgueux, appuyée par la brigade de Camopi, a intercepté une pirogue transportant deux individus et 360 litres de carburant. Les deux hommes, de nationalité française, ont été condamnés à 12 mois de prison.
Selon un bilan 2024 – 2025 rendu public en décembre dernier, 16 sites illégaux d’orpaillage ont été recensés à Camopi par le Parc amazonien de Guyane. En raison de la flambée du cours de l’or (131 euros le gramme au moment où cet article est rédigé), les sites se sont multipliés sur l’ensemble du territoire : en trois ans, leur nombre est passé de 393 à 591.
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Pour les autorités coutumières, le temps des diagnostics est désormais révolu. Elles attendent de l’État des actes forts pour protéger les populations du Haut-Maroni et pour préserver l’ensemble du territoire guyanais qui est aujourd’hui menacé.
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