Moins d’un mois après son investiture le 24 mai 2026, le président béninois Romuald Wadagni traduit ses premières orientations politiques en décisions budgétaires concrètes. L’ancien ministre de l’Économie et des Finances met l’accent sur deux réformes phares très attendues par l’opinion : la gratuité de la scolarité secondaire pour les filles et la prise en charge immédiate des urgences médicales sans paiement préalable. Ce virage social s’accompagne d’un rééquilibrage financier majeur en faveur des communes de l’intérieur du pays.
Éducation et santé : Deux réformes majeures pour alléger les charges des ménages
Pour son entrée en matière à la tête de l’État, Romuald Wadagni a choisi de répondre à des attentes populaires de longue date en transformant des projets jusqu’ici expérimentaux en véritables politiques nationales. Le premier grand marqueur de ce début de mandat est la généralisation de la gratuité des frais de scolarité pour l’ensemble des filles inscrites dans l’enseignement secondaire public, de la sixième à la terminale. Autrefois limitée à certaines zones pilotes, cette mesure s’applique désormais de manière uniforme dans les 77 communes du Bénin dès la rentrée scolaire 2026-2027. En supprimant cette barrière financière, l’exécutif entend freiner massivement le décrochage scolaire des adolescentes, l’enveloppe globale de l’opération ayant déjà été sécurisée dans le budget rectificatif de l’État.
Le second arbitrage marquant concerne le secteur de la santé, avec l’introduction d’un mécanisme de post-paiement pour les urgences médicales vitales. Les hôpitaux publics ont désormais l’obligation stricte d’administrer les premiers soins sans exiger de caution financière ou de règlement préalable de la part des familles. Les prestations ne seront facturées qu’après la stabilisation de l’état de santé du patient. Pour sécuriser les finances des structures sanitaires et éviter toute rupture de trésorerie, l’État met en place un fonds de garantie dédié, illustrant la volonté du président de lier systématiquement chaque annonce à une couverture financière réelle.
45 milliards FCFA pour l’équité territoriale
En parallèle de ces mesures protectrices pour le budget des familles, le nouveau chef de l’État oriente une part substantielle des ressources publiques vers les collectivités locales pour corriger les disparités régionales. Le gouvernement a ainsi validé un abondement exceptionnel de 45 milliards de FCFA en faveur du Fonds d’Appui au Développement des Communes (FADeC). Cette rallonge budgétaire substantielle est rigoureusement fléchée vers les 40 municipalités les plus vulnérables du pays, avec pour mission prioritaire le financement d’infrastructures de base essentielles, telles que le désenclavement par des pistes rurales et l’accès universel à l’eau potable.
Cette stratégie de redistribution vers l’arrière-pays se double d’une ambition industrielle décentralisée. L’exécutif a confirmé le lancement de trois nouvelles zones agro-industrielles régionales situées à Kandi, Djougou et Dassa-Zoumè. Conçues sur un modèle de valorisation des produits locaux, ces plateformes visent à stimuler l’économie à l’intérieur du pays, à transformer les matières premières agricoles sur place et à créer des emplois durables directs. En focalisant ses premiers efforts financiers sur les besoins immédiats des ménages et le développement des communes rurales, Romuald Wadagni pose les fondations d’une croissance que le nouveau régime souhaite plus inclusive.
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