L’État camerounais finalise le rachat de Société Générale Cameroun – Africtelegraph

Le rachat de Société Générale Cameroun par l’État camerounais est désormais effectif. La cérémonie de clôture s’est tenue à Douala le 12 mai 2026, sous la conduite du ministre des Finances Louis Paul Motazé. L’opération porte sur 58,08% du capital de la banque, ce qui hisse la participation publique à 83,68% du tour de table. Dans la foulée, l’établissement a été rebaptisé General Bank of Cameroon (GBC), tournant la page de plusieurs décennies de présence du groupe français en Afrique centrale.

La transaction, conclue pour un montant de 129 milliards de FCFA toutes taxes comprises, s’inscrit dans la lignée d’un accord de cession signé le 15 juillet 2025 entre Yaoundé et le siège parisien de Société Générale. La finalisation a été conditionnée à l’avis de non-objection délivré fin avril 2026 par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), le régulateur prudentiel de la Cemac. Le feu vert du superviseur a levé le dernier verrou réglementaire d’une opération suivie de près par la place bancaire régionale.

Une transition encadrée pour préserver l’activité

Les autorités camerounaises insistent sur la neutralité opérationnelle du changement de pavillon. « Pour les clients, rien, absolument rien ne change. Toutes les dispositions sont prises pour que le fonctionnement de la banque reste le même et que la transition soit gérée, maîtrisée par les deux parties. Tout ce qui concerne logiciel, système informatique, etc. va être géré dans ce cadre », a déclaré Gilbert Didier Edoa, secrétaire général du ministère des Finances. La continuité des systèmes d’information, des contrats commerciaux et des engagements de bilan constitue l’enjeu opérationnel immédiat de la nouvelle GBC.

Le portefeuille clients, la grille tarifaire et le réseau d’agences devraient ainsi être préservés à court terme. Le personnel, lui aussi, fait partie des intérêts que le ministère dit vouloir protéger. Dès juillet 2025, dans un communiqué explicitant la reprise, Louis Paul Motazé évoquait la nécessité de garantir la pérennité de l’établissement et de sécuriser les partenaires comme les salariés. Cette posture vise à rassurer une clientèle d’entreprises et de particuliers historiquement attachée à la marque Société Générale.

Une nationalisation pensée comme provisoire

La prise de contrôle par la puissance publique ne s’inscrit pourtant pas dans une logique d’étatisation durable du secteur. Le communiqué ministériel de juillet 2025 mentionnait déjà l’éventualité, « à terme », d’une ouverture du capital à de nouveaux partenaires stratégiques, nationaux comme internationaux. Autrement dit, l’opération doit davantage se lire comme un sas de transition que comme un retour de l’État au cœur de la place bancaire camerounaise.

Ce schéma s’aligne sur les recommandations des bailleurs multilatéraux. Plusieurs observateurs du secteur rappellent que le Fonds monétaire international (FMI), notamment, presse les autorités de Yaoundé de se désengager progressivement des établissements de crédit qu’elles ont contribué à sauver ces dernières années. Union Bank of Cameroon (UBC), NFC Bank et la Commercial Bank of Cameroon (CBC) figurent parmi les dossiers où l’État détient encore des positions héritées d’opérations de restructuration. La doctrine prudentielle régionale, portée par la Cobac, va dans le même sens d’un actionnariat privé renforcé.

Quel avenir pour General Bank of Cameroon

La question d’un futur tour de table s’annonce stratégique pour la Cemac. Plusieurs profils d’investisseurs pourraient se positionner : groupes bancaires marocains déjà implantés en Afrique centrale, institutions panafricaines en quête de relais de croissance, ou encore capitaux privés camerounais désireux d’occuper l’espace laissé par le retrait des banques européennes. Le calendrier de cette recomposition n’a pas été précisé par le ministère.

Le retrait de Société Générale du Cameroun s’inscrit dans un mouvement plus large de repli des grands réseaux français du continent, après des cessions actées au Burkina Faso, au Congo, en Mauritanie, au Tchad ou en Guinée équatoriale. Pour Yaoundé, l’enjeu sera de transformer cette reprise en levier de souveraineté financière sans peser durablement sur les comptes publics. Selon Investir au Cameroun, le gouvernement entend bien préparer une nouvelle évolution actionnariale dès la stabilisation de GBC.

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