@ Damien Glez
Publié aujourd’hui à 10h12
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Est-ce parce qu’il foulait le sol britannique pour signer, le 1er juin, un accord de partenariat destiné à soutenir plusieurs secteurs stratégiques de son économie que le président ghanéen a semblé gêné aux entournures à l’évocation d’une loi adoptée le 29 mai par les parlementaires de son pays ?
Pourtant, John Dramani Mahama ne pouvait simuler la surprise, les mesures anti-LGBT+ concernées ayant déjà fait l’objet d’une tentative de ratification sous le mandat de Nana Akufo-Addo. Surtout, l’actuel chef de l’État avait apporté son soutien au projet de loi de l’époque, pendant la campagne électorale et après son élection. Enfin, difficile pour lui de s’opposer frontalement à l’assaut législatif « sur les droits sexuels et les valeurs familiales », puisque celui-ci est lancé par plusieurs portions de l’échiquier politique ghanéen.
Appel à la délation
Quelques semaines après être arrivé au pouvoir, John Mahama avait déclaré : « Je crois aux principes et aux valeurs selon lesquelles il n’existe que deux sexes : l’homme et la femme. Et que le mariage est entre un homme et une femme« . Or, depuis Londres, le chef de l’État a temporisé. Il a d’abord indiqué que le texte émanait des parlementaires, et non de son gouvernement. Il a également indiqué qu’avant de procéder à sa ratification, il a lancé un « examen juridique approfondi » et que le texte sera aussi soumis au Conseil d’État.
Le projet de loi prévoit le durcissement de la répression contre deux types de comportements : l’acte homosexuel et la « promotion » de la communauté LGBTQ+. Des peines de prison allant jusqu’à trois ans sont notamment prévues pour les personnes s’identifiant comme lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres ou queers. Par ailleurs, la délation est encouragée, le texte en question « obligeant » les Ghanéens à signaler aux autorités les activités jugées « déviantes ».
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