Le Groupe KO a dévoilé lundi PAAF, une nouvelle chaîne YouTube 100 % divertissement qui rassemble des balados humoristiques et des contenus originaux. L’idée est de réunir les talents dispersés sur le web au même endroit afin d’avoir une plus grande « force de frappe », selon Louis Morissette, président du Groupe KO.
La chaîne PAAF, acronyme pour Pas Allergique Au Fun, est décrite par le groupe KO comme le nouveau quartier général du divertissement québécois
. Accessible dès maintenant sur YouTube, elle propose déjà 10 contenus qui seront des rendez-vous récurrents.
Certains d’entre eux sont des balados qui existaient déjà, comme Golden Top G, une parodie des balados masculinistes portée par Pascale Marineau et Magali St-Vincent.
D’autres sont de tout nouveaux concepts, comme Services Mona-Péro, où l’humoriste Mona de Grenoble (Alexandre Aussant) vient en aide à ses amis confrontés à différentes tâches du quotidien, toujours armée de sa réserve de bouteilles de fort.
Dans le premier épisode, elle aide l’humoriste Christophe Dupéré à monter un meuble IKEA avec des résultats plus ou moins convaincants, entre deux shooters de whiskey.
Avec PAAF, le Groupe KO mise sur l’idée que l’union fait la force, surtout dans un marché restreint comme le Québec. Aux États-Unis, le marché est tellement grand que quelqu’un seul de son côté peut se retrouver avec 300 000, 400 000 personnes et se faire un modèle d’affaires
, explique-t-il.
Mais nous au Québec, avant d’arriver à 300 000 ou 400 000 personnes, c’est complexe, donc on n’aura pas le choix de se regrouper. Si tout le monde a son balado, si tout le monde a sa chaîne, ça va être difficile, on va tous crever de faim chacun de notre côté.
Pourquoi ne pas se mettre ensemble? On va avoir une force de frappe plus grande, on va être capables d’aller parler à des commanditaires, on va avoir plus de revenus et on va être capables de créer plus de choses.
Louis Morissette était de passage dimanche à « Tout le monde en parle » pour parler de son nouveau film « François.e » et de sa nouvelle chaîne PAAF.
Photo : A. Media / Karine Dufour
Un service clés en main
pour les balados
Parmi les balados qui avaient déjà fait leur marque sur le web, on compte également Étienne te ramène, dans lequel Étienne Marcoux interviewe des invités tout en dégustant avec eux une soupe ramen.
On y retrouve aussi Pas peu fières, où Anne-Sarah Charbonneau et Florence Nadeau reçoivent des invités en lien avec la communauté LGBTQ+, ainsi que Y’a plein de soleil, balado d’entrevues absurdes piloté par Anthony Courcy.
Quel est l’avantage de se joindre à PAAF pour ces balados déjà établis? Un service clés en main
, selon Louis Morissette.
[Les créateurs de balado] doivent louer leur studio, booker leurs invités, écrire leur podcast, faire le montage, s’occuper de la mise en ligne et des réseaux sociaux. Mine de rien, c’est beaucoup de petites choses auxquelles il faut penser
, explique-t-il.
Là, ils peuvent se concentrer sur la création du podcast, nous, on va se concentrer sur tout le clérical autour. On a un studio, on va faire le montage, on a une équipe de réseaux sociaux et on a une équipe de vente à l’interne.
Bain de glace et thanatologie
Parmi les autres contenus originaux proposés par PAAF, on trouve aussi Ça met un frette, où Pascal Cameron invite des personnalités à répondre à des questions de culture générale tout en prenant un bain d’eau glacée.
Dans Tu vas mourir, l’humoriste Étienne Marcoux aborde de façon littérale la question de la vie après la mort avec le thanatologue Louis-Simon Lamontagne, qui dévoile les dessous de ce métier aussi méconnu qu’essentiel.
Après la websérie Père poule, l’humoriste Jean-Thomas Jobin renoue avec la comédienne Julianne Côté pour un nouveau balado intitulé Encore là, qui donne la parole aux aînés.
Kim Rusk explore dans Velours l’intimité, le désir et les non-dits à travers des confessions intelligentes, humaines et parfois crues
, peut-on lire dans un communiqué. Finalement, l’humoriste et comédien Martin Vachon anime Jeux de chars, une émission qui propose jeux-questionnaires, charades et autres activités ludiques.
La chaîne PAAF sera régulièrement alimentée en nouveaux contenus, qui seront également disponibles sur les plateformes de diffusion audio et les réseaux sociaux de PAAF. À terme, le groupe KO promet plus de 200 contenus originaux par année.
On va faire d’autres pilotes au mois de juin, ce ne sont pas les idées qui manquent
, explique Louis Morissette.
La transformation inévitable
de l’industrie
Selon le Groupe KO, l’inauguration de la chaîne PAAF s’inscrit dans la continuité de KO Sports, qui a cumulé plus de 6 millions de vues et 7 millions de minutes d’écoute sur YouTube depuis son lancement il y a huit mois.
Il s’agit d’un modèle voué à prendre de l’ampleur, selon Louis Morissette, compte tenu de la migration des publics vers différentes plateformes. Si tu veux parler aux gens maintenant, il faut que tu sois affiché à deux, trois, quatre endroits différents. Si tu restes à une seule enseigne, il y a trop d’offre, trop de joueurs, tu ne réussiras pas
, explique-t-il.
S’il croit encore au pouvoir de la télévision traditionnelle, du moins pour quelques années encore, il est d’avis que l’industrie de l’audiovisuel fait face à une transformation qui est inévitable
Il y a 20 ans, tout le monde était à la télé. Aujourd’hui, il y a des gens qui sont sur le câble et d’autres qui sont plus sur YouTube
, explique-t-il.
Moi j’ai des enfants de 23, 21 et 16 ans, je vois bien ce qu’ils consomment et comment ils le font. À un moment donné, il faut aller leur parler là où ils sont.
Crise dans le milieu de l’audiovisuel québécois
La chaîne PAAF est lancée alors qu’une crise sévit dans le milieu de l’audiovisuel québécois.
Les syndicats de l’industrie ont dénoncé, lundi, les pressions inédites exercées par le producteur Pixcom sur l’Association québécoise des techniciens et techniciennes de l’image et du son (AQTIS) afin que ce syndicat déroge à la convention collective pour réduire les coûts de production d’une série destinée à TVA, propriété de Québecor Média.
Pixcom a appris vendredi que cette série, Alertes : Lily-Rose, dérivée de la dramatique Alertes, ne verrait finalement pas le jour, Québecor Média jugeant son coût de production trop élevé. TVA a aussi mis fin aux séries Indomptables et Passez au salon, faute de financement.
Il n’y a plus assez d’argent dans la télé privée aujourd’hui pour financer les séries qu’on avait l’habitude de produire
, a expliqué Nicolas Merola, le producteur et président de Productions Pixcom, dans un reportage diffusé lundi soir au Téléjournal de Patrice Roy, sur ICI TÉLÉ.
Pierre Karl Péladeau, président et chef de la direction de Groupe TVA par intérim, doit d’ailleurs s’adresser aux médias mardi pour faire le point sur la situation précaire de la production télévisuelle.
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