Le gouvernement veut accélérer sa riposte au niveau de la cybersécurité après le piratage qui a frappé l’ANTS. Le Premier ministre Sébastien Lecornu annonce que la France va débloquer 200 millions d’euros dès la semaine prochaine et ouvre en parallèle un chantier plus large de centralisation, de tests offensifs et de préparation aux scénarios de rupture numérique.
Un budget de 200 millions d’euros après les fuites de données
L’annonce ne se limite pas à une enveloppe budgétaire. Le Premier ministre l’inscrit dans France 2030 et l’accompagne d’une idée plus structurante : créer une autorité numérique de l’État capable d’organiser et de centraliser le pilotage public sur ces sujets.
Cette reprise en main passera aussi par plusieurs leviers déjà identifiés :
- les amendes de la CNIL seront orientées vers un fonds dédié à la sécurité numérique de l’État
- la DINUM et la DITP vont fusionner
- l’investissement dans la cryptographie post-quantique va s’accélérer
- l’État lancera des missions offensives internes pour attaquer ses propres systèmes afin d’en tester les failles.
Le dispositif va au-delà de la protection classique. Le gouvernement veut aussi préparer un scénario de blackout numérique, y compris dans l’hypothèse d’une coupure d’outils américains, signe qu’il traite désormais la dépendance technologique comme un risque de continuité de l’État.
Sébastien Lecornu justifie ce changement par la fréquence des piratages. Depuis le début de 2026, il dit constater « énormément d’intrusions informatiques, de vol de données », soit environ trois vols de données par jour, et décrit un marché parallèle de la data où se croisent des profils isolés et des acteurs organisés. Il résume cette situation ainsi : « On est donc au fond sur un casse du siècle, mais qui a pratiquement lieu tous les mois ».
L’ANTS sert de déclencheur politique
L’attaque contre l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), survenue le 15 avril, a touché près de 12 millions de particuliers et de professionnels selon le ministère de l’Intérieur. L’agence, qui gère notamment les demandes de pièces d’identité, a indiqué que des données à caractère personnel comme les noms, prénoms, adresses e-mail ou dates de naissance avaient fuité.
Ce dossier donne un point d’appui concret aux annonces du gouvernement. Deux semaines après l’attaque, un mineur de 15 ans soupçonné d’en être l’auteur a été interpellé, selon la procureure de Paris Laure Beccuau.
L’exécutif ne détaille pas encore l’usage précis des 200 millions d’euros. En revanche, l’ensemble des mesures évoquées montre déjà une ligne claire : mieux financer, centraliser plus haut et tester plus durement les systèmes publics face à une pression cyber devenue quotidienne.
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