Passée par l’ONU et inscrite sur la liste des conseils à la Cour Pénale Internationale, Maître Charlot défend une vision du droit humaniste et combative. Inscrite au barreau de la Guyane depuis presque 20 ans, avec un bureau secondaire à Paris, elle a choisi le droit pour agir au plus près des justiciables. Droit pénal, droit de la famille, droit administratif, action associative : découvrez la pratique engagée de cette avocate passionnée.
Il y a des trajectoires linéaires. Et puis il y a celles qui bifurquent, s’enrichissent, se réinventent. Celle de Maître Charlot appartient clairement à la seconde catégorie. Avant de défendre ses clients devant les juridictions françaises, en Guyane et en métropole, elle évoluait dans l’humanitaire, au plus proche des populations vulnérables. Aujourd’hui, son cabinet reflète son identité et son histoire, incarnant une pratique du droit exigeante et multilingue, nourrie par l’expérience internationale et le goût de l’action.
Des Nations Unies au barreau : un parcours unique au service de la justice
Maître Christine Charlot n’a pas suivi la voie classique du droit. Elle a d’abord passé des années sur le terrain, se forgeant une expérience internationale hors des sentiers battus. Mission d’observation des droits de l’homme au Guatemala, au cœur des procès visant d’anciens dirigeants accusés de génocide. Accompagnement d’enfants des rues à Quito, en Équateur. Travail de fond auprès de l’ONU sur le droit des réfugiés. C’est au sortir de ces expériences humainement intenses qu’elle décide de passer le barreau, animée par l’envie profonde d’agir concrètement au bénéfice des personnes qui ont besoin d’aide.
Elle exerce depuis lors en Guyane, à la tête de son propre cabinet d’avocat à Cayenne, revendiquant une pratique délibérément généraliste. Droit pénal, droit de la famille, droit administratif (dont droit des étrangers), droit routier : sa polyvalence et sa réactivité font sa force. Son champ d’action s’étend au droit international, et à l’outre-mer aussi bien qu’à la métropole : déplacements et dossiers transfrontaliers sont monnaie courante dans sa pratique. Et ce, d’autant plus qu’elle navigue aisément du français à l’anglais ou à l’espagnol. Consécration de sa compétence et de son multilinguisme, l’avocate est d’ailleurs inscrite sur la liste des conseils de la Cour Pénale Internationale, habilités pour plaider à La Haye aux Pays-Bas en cas de procès international.
Le contentieux comme expertise : du droit pénal au droit administratif ou de la famille
Aujourd’hui, plusieurs axes principaux structurent son activité. Le droit pénal d’abord, du trafic de stupéfiants aux affaires criminelles, en passant par les cas d’homicide ou de viol. Elle défend ses clients devant toutes les juridictions, du tribunal correctionnel à la cour d’assises. En 2025, elle a ainsi obtenu l’acquittement d’un ressortissant brésilien accusé à tort d’assassinat, arrêté dans des conditions brutales et incarcéré depuis un an en détention provisoire. Une décision à la hauteur de la rigueur de son travail de défense.
En droit de la famille, le registre change, mais l’intensité reste. Divorce, garde d’enfants, tutelle, autorité parentale, pension alimentaire : ces dossiers à la grande technicité juridique se doublent toujours d’une forte dimension humaine, qu’elle affectionne.
En droit administratif également, elle associe une grande maîtrise procédurale à sa pugnacité naturelle. Ainsi, pendant le Covid, alors que la Préfecture de Guyane instaure un arrêté de couvre-feu contraignant tous les restaurants à fermer, Maître Charlot attaque la décision devant le tribunal administratif de Cayenne, et obtient gain de cause. Seule avocate en France à décrocher une telle décision favorable, elle force la réouverture des établissements du territoire. Un résultat concret, qui illustre mieux que tout discours son engagement pour la défense des libertés fondamentales.
Et son expertise s’étend à de nombreux autres domaines. Titulaire de diplômes universitaires en criminologie et en droit routier, elle est aussi à l’aise dans un contentieux de la circulation que dans une affaire de droit d’asile ou de litige financier. Cette alliance entre expérience et implication personnelle ne manque pas d’être reconnue aussi bien par la société civile que par ses pairs. En 2024, à l’issue de plusieurs mandats au Conseil de l’Ordre, Maître Charlot est ainsi élue bâtonnière : un rôle de représentation, de gestion et de rayonnement qu’elle investit avec ambition, notamment en tissant des liens avec les barreaux brésiliens et surinamais voisins.
Katya Shabut
S’engager pour structurer : du terrain associatif aux institutions
Au-delà de ses affaires, l’engagement dans le collectif est une constante chez Maître Charlot, depuis ses premiers pas dans la profession. Membre de l’Union des Jeunes Avocats, elle y initie La Pirogue du droit, un projet d’accès au droit aujourd’hui soutenu par le ministère de la Justice. Le principe : aller là où la justice ne va pas, en l’occurrence, certaines communes guyanaises uniquement accessibles par voie fluviale. Le but : informer, orienter, démêler les situations administratives et juridiques des personnes les plus isolées géographiquement et culturellement. Un projet qui dit beaucoup sur la façon dont Maître Charlot envisage le droit : non pas comme un service réservé à ceux qui savent où le trouver, mais comme un droit fondamental à rendre accessible.
Présidente du Rotary de Cayenne en 2022-2023, elle a également porté des projets concrets en faveur de la paix civile, des initiatives artistiques aussi bien que de cohésion sociale. Parmi eux, on peut citer l’intégration de jeunes défavorisés dans un programme civique encadré par la gendarmerie ou encore la création d’une fresque multilingue symbolisant la paix dans un quartier populaire de Cayenne.
Cette sensibilité à la paix trouve ses racines dans la Bourse pour la Paix du Rotary International, obtenue en 2017 : une formation de trois mois en Thaïlande sur la résolution des conflits, réunissant 23 nationalités, où elle était la seule Française. Une expérience, selon ses mots, professionnellement et personnellement éclairante.
Droit de l’environnement et engagement collectif : les enjeux de demain
Vous l’aurez compris, Maître Charlot reste difficilement en place. Sensibilisée aux enjeux environnementaux lors de sa participation à la COP30 en qualité de bâtonnière, elle envisage de développer un nouvel axe de travail en droit de l’environnement et droit des populations. Ces thématiques se révèlent chaque jour plus pertinentes dans un territoire comme la Guyane, riche de sa biodiversité et de ses communautés autochtones, et le monde entier, à l’heure du changement climatique.
Sur le front intérieur, elle suit de près les réformes en cours, notamment celles qui touchent aux voies d’appel au civil et au pénal. Sa conviction intime est que la vigilance collective des avocats est une condition de la qualité du droit, et qu’ils ont à ce titre leur rôle à jouer dans l’évolution de la législation.
Pour penser le monde de demain, Maître Christine Charlot voit loin : au-delà des frontières, au-delà des acquis. Convaincue que le droit s’ancre dans la durée et dans la mobilisation, elle continue jour après jour de construire son cabinet ouvert sur le monde, depuis Cayenne jusqu’aux juridictions internationales.
Katya Shabut
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