La décision fait l’effet d’un choc au Mali. La compagnie EgyptAir a annulé ses vols au départ de Bamako pour le pèlerinage du hajj.
Selon les autorités maliennes chargées de l’organisation du pèlerinage, plus de 4.000 fidèles sont directement concernés par cette suspension.
Cela représente près d’un tiers du quota national attribué au Mali pour le hajj 2026, fixé à plus de 13.000 pèlerins.
Un double facteur : sécurité et tensions économiques
Officiellement, cette décision repose sur deux éléments.
D’une part, un désaccord financier lié à la hausse du prix du kérosène, qui n’a pas permis de trouver un terrain d’entente entre les différents partenaires.
D’autre part, le contexte sécuritaire extrêmement dégradé au Mali, évoqué explicitement dans les échanges entre la compagnie et les autorités.
Un pays paralysé par les violences
Depuis plusieurs jours, le Mali est secoué par des attaques coordonnées d’une ampleur inédite.
Les jihadistes du JNIM, alliés à Al-Qaïda, et les rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont pris le contrôle de plusieurs zones dans le nord du pays.
En parallèle, des axes routiers menant à Bamako sont bloqués, compliquant fortement les déplacements et la logistique, y compris pour les départs à l’étranger.
Inquiétude et colère chez les candidats au hajj
Pour les pèlerins concernés, la situation est particulièrement difficile à vivre.
Le hajj, qui doit débuter fin mai en Arabie saoudite, constitue l’un des cinq piliers de l’islam et représente un moment spirituel majeur.
Attribuées par quotas nationaux et souvent après un tirage au sort, ces places sont précieuses et parfois attendues pendant des années.
L’annonce de ces annulations suscite ainsi une forte incompréhension parmi les fidèles.
Des négociations en cours pour éviter une crise
Face à l’ampleur de la situation, des discussions sont engagées “à un haut niveau” pour tenter de trouver une solution rapide.
Les autorités maliennes cherchent des alternatives pour permettre aux pèlerins de rejoindre La Mecque dans les délais.
Mais à quelques semaines du début du hajj, l’équation logistique s’annonce particulièrement complexe.
Un symbole de la crise malienne
Au-delà de la question religieuse, cet épisode illustre les conséquences concrètes de la crise sécuritaire sur la vie quotidienne des Maliens.
Transport aérien perturbé, axes routiers coupés, incertitudes généralisées : le pays traverse une phase critique, dont les répercussions dépassent largement le seul terrain militaire.
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