Mali : le camp stratégique de Tessalit passe sous le contrôle des groupes armés

Sur le terrain, l’armée malienne et ses alliés russes « ont abandonné leurs positions de Tessalit ce vendredi matin », a indiqué un élu local. Selon une source sécuritaire, ces derniers avaient déjà « évacué » le camp avant l’arrivée des groupes armés. « Aucun combat n’a eu lieu », a-t-il affirmé. Ils ont fait « reddition » à Tessalit, près de la frontière avec l’Algérie, selon un responsable du groupe rebelle. En début de semaine, un porte-parole des rebelles touaregs a promis que ses forces allaient conquérir le nord du pays et que la junte, qui s’est emparée du pouvoir à la suite de coups d’État en 2020 et 2021, allait « tomber ».

Une position géographique stratégique

Tessalit représente un camp stratégique de par sa position géographique, en plus de compter une grande piste d’atterrissage en bon état capable d’accueillir des hélicoptères et d’autres gros avions militaires. Le camp accueillait également un nombre significatif de militaires maliens et de leurs alliés russes ainsi que du matériel militaire. « Tessalit est la plus ancienne base construite par le colonisateur (français). C’est la base la plus avancée, qui permet d’avoir une vue d’ensemble sur tout le Sahara », selon un officier. Sa prise intervient quelques jours après le contrôle de la ville clef de Kidal par les groupes armés qui continuent de progresser dans le nord. Selon des sources locale et indépendantiste, les groupes armés ont également pris possession du camp Aguelhok, situé à 100 km de Kidal.

Les attaques coordonnées du week-end dernier ont fait au moins 23 morts, selon une source hospitalière. Une enquête ouverte à leur suite par le parquet militaire de Bamako a établi la « complicité de certains militaires » et « leur participation à la planification, à la coordination et à l’exécution des attaques ». Ce communiqué publié vendredi met également en cause l’opposant en exil Oumar Mariko, ancien député et ancien candidat à la présidence. Il ajoute que de premières interpellations ont été menées. Selon l’Unicef, des enfants figurent parmi les victimes civiles des attaques, dont elle ne précise pas le nombre. Un centre de santé à Gao a été attaqué, une école de la région de Mopti a été occupée par des « porteurs d’armes » et un engin explosif a été découvert à proximité, rapporte l’agence onusienne.

Incertitudes sur la stabilité du pouvoir

Jeudi, les jihadistes du JNIM ont appelé à un large « front commun » pour « mettre fin à la junte » au pouvoir depuis 2020 au Mali, en vue d’« une transition pacifique et inclusive ». Les jihadistes ont parallèlement instauré un blocus routier sur Bamako, bloquant plusieurs axes menant vers la capitale. Le même jour, un hommage national a été rendu au ministre de la Défense, Sadio Camara, tué à Kati, fief de la junte. La mort de ce général de 47 ans, considéré comme l’architecte du rapprochement de ces dernières années avec la Russie, est un coup dur pour le pouvoir militaire.

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