Martinique : agents du SPIP agressés à la machette, blocage des…

Un individu armé d’une machette a attaqué des agents du SPIP de Fort-de-France mercredi. Aucun blessé grave, mais plusieurs agents sont en état de choc. Les services pénitentiaires de Ducos et Fort-de-France sont bloqués depuis jeudi.

Une violente agression s’est produite mercredi 15 juillet après-midi au Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation de Fort-de-France. Un homme suivi par la justice s’est présenté à un entretien armé d’une machette de boucher. Les agents ont réussi à le neutraliser avant l’arrivée de la police. Plusieurs sont touchés par des éclats de verre et sous le choc. Les syndicats réclament des mesures de sécurité urgentes.

L’essentiel

Ce qu’il faut retenir

Faits vérifiés


  • Un homme armé d’une machette a attaqué des agents du SPIP de Fort-de-France mercredi 15 juillet après-midi.

  • Aucun agent grièvement blessé par l’arme, mais plusieurs touchés par des éclats de verre et en état de choc.

  • Les services pénitentiaires de Ducos et Fort-de-France sont bloqués depuis jeudi 16 juillet au matin.

  • FO Justice et UFAP-UNSA dénoncent une tentative d’assassinat et exigent portiques et caméras de sécurité.
4 faits vérifiés
4 sources
mis à jour le 17 juillet à 18:33

Un individu suivi par la justice s’est présenté mercredi 15 juillet en fin d’après-midi au SPIP de Fort-de-France muni d’une machette de boucher. Selon les syndicats FO Justice et UFAP-UNSA, l’homme a déclaré son intention de s’en prendre au personnel lors de son entretien. Les agents sont parvenus à bloquer l’accès à la zone réservée en poussant du mobilier, notamment une photocopieuse, avant que la police interpelle l’assaillant.

Aucun agent n’a été directement blessé par l’arme blanche. Plusieurs ont néanmoins été touchés par des bris de verre aux yeux, présentent des ecchymoses et souffrent d’un choc psychologique, selon RCI Martinique. Les syndicats dénoncent une tentative d’assassinat.

Blocage des services depuis jeudi matin

En réaction à cette agression, les personnels pénitentiaires des SPIP de Ducos et de Fort-de-France se sont mobilisés dès le jeudi 16 juillet au matin. Les deux services sont bloqués. Les agents réclament des garanties de sécurité avant toute reprise du travail.

FO Justice et l’UFAP-UNSA pointent l’absence de portiques de sécurité et de caméras dans les locaux. « Les agents exercent dans des conditions inacceptables », selon le communiqué de FO Justice publié jeudi. Le syndicat demande des mesures immédiates pour protéger les personnels face à un public parfois violent.

Les revendications syndicales

Les deux syndicats exigent l’installation rapide de dispositifs de contrôle à l’entrée des SPIP. Ils demandent également un renforcement des effectifs et une refonte des protocoles d’accueil du public. « Un individu ne doit pas pouvoir entrer avec une arme de cette taille sans être détecté », insiste l’UFAP-UNSA dans son communiqué.

Les agents en milieu ouvert suivent des personnes placées sous main de justice en dehors de la détention. Ils effectuent des entretiens réguliers, souvent avec des profils à risque. L’absence de sécurisation des locaux est régulièrement dénoncée par les syndicats.

Contexte en Martinique

La Martinique compte deux SPIP, l’un à Fort-de-France, l’autre à Ducos. Ces services assurent le suivi de plusieurs centaines de personnes placées sous contrôle judiciaire, en sursis avec mise à l’épreuve ou en aménagement de peine. Les tensions entre agents et public suivi sont récurrentes, mais une agression à l’arme blanche reste exceptionnelle.

Le département connaît depuis plusieurs années une hausse des violences contre les agents du service public. En Guadeloupe voisine, une enquête a récemment été ouverte contre un rappeur pour apologie de crime, illustrant un climat de tensions dans les Antilles. Les syndicats pénitentiaires réclament une meilleure prise en compte des risques psychosociaux liés à ces métiers.

Réactions et suites attendues

La direction interrégionale des services pénitentiaires n’a pas encore communiqué sur les suites données à l’incident. Les syndicats attendent une réponse rapide de la hiérarchie et du ministère de la Justice. Une cellule de soutien psychologique a été mise en place pour les agents présents lors de l’agression.

Les services resteront bloqués tant que des garanties concrètes ne seront pas apportées. Une réunion doit se tenir dans les prochains jours entre la direction et les représentants syndicaux pour établir un calendrier de sécurisation des locaux.

Jean-Luc

Jean-Luc IA
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