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Les métiers du numérique attirent de plus en plus les femmes à Niamey. Cette filière liée aux mathématiques, jadis réservée majoritairement aux hommes, constitue aujourd’hui un véritable levier d’émancipation sociale et économique pour des femmes nigériennes. Entre création de contenu et graphisme, nombreuses sont celles qui excellent dans le secteur et qui arrivent à tirer leur épingle du jeu.
Âgée de 22 ans, Mlle Faizatou Abdoulaye Idé excelle depuis 2021 dans le domaine de la communication digitale, plus précisément dans le design graphique ou l’art de concevoir et d’organiser des éléments visuels.
Titulaire d’une licence en Intelligence Artificielle obtenue à l’African Developpment University (ADU), la jeune fille a toujours été passionnée par les filières scientifiques et techniques. Ce choix, selon la graphiste, est aussi profondément lié à son parcours personnel. En effet, étant orpheline de père, elle a vite senti le besoin d’assister sa mère (une enseignante du primaire) dans la gestion des charges familiales. « N’étant pas fille unique, j’ai ressenti le besoin de contribuer aux charges familiales. Et grâce à ce savoir-faire, je parviens aujourd’hui à subvenir à mes besoins et à apporter un soutien important à ma famille, ce qui représente pour moi une grande source de motivation et de fierté », dit-elle avec joie.
Au-delà du cadre estudiantin, Faizatou Abdoulaye a su développer et structurer au fil du temps son atout. Elle assure la communication visuelle de plusieurs entreprises. Et cela lui réussit.
En effet, la jeune demoiselle utilise diverses applications pour créer des contenus impressionnants à la grande satisfaction de ses clients. « J’utilise l’intelligence artificielle dans mes créations. Ce qui me permet d’être plus efficace et innovante dans la production de visuels adaptés aux besoins des entreprises. Mon objectif est d’aider les marques ou entreprises à construire une identité forte et à améliorer leur visibilité à travers des créations adaptées à leurs besoins », a-t-elle expliqué.
Ainsi, elle propose aux entreprises différents services de communication visuelle, notamment la création de logos, l’identité visuelle (le branding), des visuels pour les réseaux sociaux, des affiches, des flyers, des banderoles, des kakemonos, des étiquettes, le design de documents professionnels ainsi que l’habillage publicitaire pour les boutiques, les salons de coiffure et les entreprises.
Mlle Faizatou Abdoulaye offre ses services sous forme de packs mensuels. Ce qui lui permet de se garantir une activité stable ainsi qu’une source de revenus régulière.
Être une femme dans le monde du digital au Niger est à la fois une fierté et un défi. C’est un domaine encore majoritairement masculin. Mais cela n’a jamais freiné la détermination de la jeune graphiste. Au contraire, Faizatou trouve de la motivation afin de prouver que les femmes ont pleinement leur place dans cet univers. « Cette activité demande de la persévérance, de la confiance en soi et beaucoup de travail », affirme-t-elle.
Elle donne le meilleur d’elle-même pour prouver qu’une femme aussi peut se frayer un chemin dans ce domaine jadis réservé aux hommes. « Je le fais pour moi et pour les sœurs qui hésitent encore à embrasser ce métier. Cette réalité peut malheureusement décourager certaines femmes passionnées, qui finissent par se mettre en retrait en pensant ne pas être à leur place », a déploré Mlle Faizatou Abdoulaye Idé.
Ce parcours inspirant de Faizatou peut motiver de nombreuses femmes qui souhaitent évoluer dans le domaine du graphisme ou suivre un chemin similaire. Pour la jeune dame, cette influence positive représente une réelle source de satisfaction et de fierté. Mlle Abdoulaye a plusieurs projets en perspective, dont l’un déjà en cours (la création d’une communauté de femmes graphistes au Niger), afin de permettre à des femmes talentueuses du domaine travaillant encore dans l’ombre avec peu de visibilité et de réseau, de se faire connaître. « L’objectif est de créer un espace sûr et inspirant où elles peuvent se retrouver, échanger, s’exprimer librement afin de valoriser leur talent et renforcer leur présence dans ce domaine », a-t-elle dit.
Outre ce projet, elle ambitionne de créer son entreprise « FA DESIGN », qui aura pour objectif d’accompagner les entreprises, les ONG et autres structures dans leur communication digitale globale.
Autre talent, autre créatrice dans le domaine
Titulaire d’un Master en comptabilité-contrôle de l’École Supérieure de Commerce et d’Administration des Entreprises et consultante-formatrice en transformation digitale des entreprises, Mme Salamatou Djido évolue dans le monde du digital depuis une dizaine d’années. Passionnée des TICs depuis la classe de 3ème, elle accompagne aujourd’hui, à travers son agence de communication dénommée Happycom, créée en 2017, plusieurs entreprises dans la création de sites internet, d’applications mobiles et dans la gestion de leurs réseaux sociaux. « J’ai intégré le digital en 2017 à Niamey, où j’ai suivi ma première formation en marketing digital. Aujourd’hui, je dispense des formations en marketing digital, en community management et en transformation digitale des entreprises », a-t-elle confié.
Toutefois, Mme Salamatou Djido fait face à des difficultés liées à l’incompréhension de certaines entreprises vis-à-vis des coûts des services numériques. « Quand une entreprise nous contacte pour un service, elle sous-estime souvent la valeur du travail fourni. Par exemple, pour la gestion des pages, certaines personnes proposent 30 000 FCFA ou 40 000 FCFA, alors que cela demande beaucoup plus d’investissement. Pour gérer une page Facebook, il faut mettre en place une stratégie digitale, créer du contenu et réaliser les différents visuels qui accompagnent les publications sur les réseaux sociaux », explique-t-elle. Mme Salamatou Djido lance également un appel aux jeunes afin qu’ils se forment avant de se lancer dans un métier. Selon elle, même s’il existe aujourd’hui des filières numériques à l’école, suivre des formations complémentaires permet d’exceller davantage dans le domaine choisi.
« Aujourd’hui, il existe de nombreux sites web et applications qui permettent de se former en autodidacte, sans forcément avoir un diplôme dans un domaine spécifique. Je pense que si les jeunes se forment davantage, ils pourraient être plus compétitifs sur le marché », a-t-elle conclu.
Zouladeini A. Razinatou (ONEP)
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