Alphonse Daigle, un homme de 72 ans de Pointe-Sapin, a été condamné mercredi à une peine d’emprisonnement à vie pour meurtre au premier degré. Il a plaidé coupable, en mars dernier, d’avoir tué un autre homme de son village, André Després.
Le drame est survenu le 13 avril 2024. André Després préparait ses engins de pêche dans sa cour à Pointe-Sapin, lorsqu’il a été abattu par balle.
André Després se trouvait chez lui, sur la route 117 à Pointe-Sapin, lorsqu’il a été abattu. Il avait 52 ans.
Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani
Dans le prononcé de sa peine, la juge Maya Hamou a expliqué qu’Alphonse Daigle s’est arrêté devant la maison de la victime et a tiré sur lui à partir de la fenêtre de sa voiture.
L’homme de 52 ans est mort sur place, sous les yeux de son beau-père.
Le perdre, ça n’a pas seulement affecté sa petite famille, ça a affecté son beau-père qui était là avec lui. C’était cruel ce qu’il a fait là. Peut-être qu’il n’aimait pas la victime, mais il n’a pas pensé à la famille. André c’était une bonne personne
, nous dit Jessica Gray, la belle-sœur d’André Després.
De nombreux membres de la famille d’André Després étaient présents en cour à Moncton mercredi. À tour de rôle, des proches en larmes ont raconté avoir de la difficulté à vivre sans lui depuis deux ans.

Plusieurs proches ont témoigné qu’André Després leur manque terriblement depuis son meurtre en avril 2024.
Photo : Radio-Canada / Rachel Gauvin
Ils ont affirmé avoir subi des pertes de revenus en raison des jours de travail manqué, et éprouver de l’anxiété et de la peur chaque fois qu’une voiture ralentit devant leur maison.
Ils ont aussi parlé des petits-enfants à qui on doit expliquer pourquoi le grand-père n’est plus là et du cauchemar qu’ils revivent chaque fois qu’ils doivent traverser le champ où André Després a été abattu.
Il a aussi été question du fils d’André Després, qui a dû prendre la mer un mois seulement après le décès de son père, à titre de capitaine, pour le remplacer.
Leur relation avec la communauté a aussi changé; ils doivent répondre à des questions qu’on leur pose dans le village de Pointe-Sapin.
La vie de mon homme a été enlevée dans notre propre cour. Rien ne pourra jamais nous ramener Dédé. Seul un monstre peut faire une chose aussi cruelle. Jamais je ne te pardonnerai.
La fille d’André Després a témoigné elle aussi de la blessure que lui a laissée le geste d’Alphonse Daigle.
Le 13 avril 2024, c’est la pire journée de ma vie. J’ai appris que j’attendais mon premier bébé la journée de son enterrement. Ma fille ne connaîtra jamais l’amour de pépère. Il ne pourra pas m’accompagner à mon mariage cet été.
Alphonse Daigle a écouté ces témoignages sans démontrer aucune émotion. Il a refusé de s’adresser à la famille avant le prononcé de sa peine.
Il aurait pu dire un mot, des excuses, tu vois là qu’il n’a pas de remords pour ce qu’il a fait
, estime Jessica Gray.
À la sortie du palais de justice, la famille était visiblement soulagée malgré la douleur et la colère toujours présente.

De nombreux membres de la famille d’André Després étaient présents en cour à Moncton mercredi.
Photo : Radio-Canada / Rachel Gauvin
Je suis vraiment fière que c’est terminé après deux longues années. C’était tough. Il a pogné ce qu’il méritait : 25 ans. Mais il ne souffrira pas assez pour notre famille
, témoigne Ginette Després, la sœur de la victime.
Alphonse Daigle, qui a aujourd’hui 72 ans, ne pourra faire une demande de libération conditionnelle que dans 25 ans.
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