Le Centre d’alimentation Peter McKee est l’une des deux plus importantes banques alimentaires au Nouveau-Brunswick. Mais l’organisme sans but lucratif situé sur la rue St. George a de plus en plus de difficulté à soulager la misère qui ne cesse de croître dans le Grand Moncton. Tous les voyants sont au rouge.
En 2025, l’organisme a distribué 7,2 millions $ en nourriture, soit une augmentation de 28% par rapport à l’année précédente.
Le centre est venu en aide à 2531 familles et 6377 personnes.
La clientèle chez les aînés a bondi de 12%.
Pas moins de 1999 nouveaux clients se sont présentés à la banque alimentaire en 2025, soit une augmentation de 10%.
La bonne nouvelle, c’est que l’organisme a pu récupérer 65 000 livres de nourritures (une valeur de 1,7 million $) des entreprises de la région en 2025 et 2026.
Le budget d’opérations (autour de 1,8 million $) est en hausse constante, mais ce n’est plus suffisant.
«C’est une situation qui n’est pas unique au Centre Peter Mckee. C’est une réalité commune à toutes les banques alimentaires à travers le Canada» déplore la directrice générale, Christine Taylor.
Elle confirme voir une augmentation des demandes dans toutes les couches de la société, que ce soit du côté des aînés, des nouveaux arrivants, des étudiants ou des travailleurs qui ont des revenus plus modestes.
«Les gens nous disent qu’ils ne gagnent plus assez d’argent parce que tout augmente. Les biens essentiels augmentent plus rapidement que leurs revenus et ils ne peuvent plus suivre», souligne-t-elle.
Une aide cruciale
Le centre ne fournit pas seulement des denrées de base, mais aussi des articles qui permettent aux familles de cuisiner de meilleurs repas.
«Nous voulons offrir à nos clients des produits complémentaires qu’ils n’ont pas les moyens de se payer. Les gens peuvent acheter du saumon en boîte, mais ils ne peuvent se procurer de la mayonnaise pour faire un repas pour leurs enfants», raconte la directrice générale.
«Nous aimerions pouvoir donner plus de nourriture à nos clients, mais nous ne refuserons jamais d’aider personne. Nous avons cependant dû ajuster nos services pour palier à l’augmentation de la demande.»
On a notamment dû réduire la fréquence de visites de deux à une par mois pour de nombreuses familles.
«Nous devons maintenant évaluer la situation de chaque famille et limiter quelques unes à une seule visite chaque mois. La seule exception, ce sont les citoyens aînés. Ce n’est pas une situation idéale. Nous aimerions ne pas avoir à faire ça, mais avec l’augmentation quotidienne de la demande, nous n’avons plus le choix.»
L’augmentation du coût de la vie a aussi un impact important sur les dons du public.
Plusieurs gens qui avaient l’habitude de faire des dons utilisent maintenant les services de la banque alimentaire eux-mêmes.
«Plusieurs de nos bénévoles doivent aussi utiliser nos services. Ils ont rendez-vous comme tous nos autres clients. Nous traitons tout le monde de la même façon.»
Christine Taylor suggère donc des alternatives.
«Les gens qui n’ont pas les moyens financiers de faire des dons peuvent venir nous donner un coup de main comme bénévoles parce que leur temps, c’est de l’argent», précise-t-elle.
«Nous ne pourrions jamais payer tous ces gens. Ce serait impossible de fonctionner sans nos bénévoles. Et si vous n’avez pas les moyens de nous faire un chèque, vous avez des options. La prochaine fois que vous irez au supermarché et que vous voyez une vente deux pour un, mettez l’article gratuit dans notre boîte de dons», mentionne la directrice générale.
«Ou donnez un dollar à la caisse quand on vous le demande durant nos campagnes de collecte de fonds.»
Les coûts explosent
Le Centre d’alimentation Peter McKee doit évidemment assumer l’augmentation des coûts d’entretien de l’édifice.
Le coût des assurances et des gardiens de sécurité est également de plus en plus significatif.
Il y a quelques années, la présence d’agents de sécurité était requise seulement lors des heures d’ouverture du centre (40 heures par semaine).
Les vols et le vandalisme de cet édifice situé dans un secteur durement frappé par la criminalité ont forcé la direction de l’organisme à protéger les lieux le soir et durant les fins de semaine.
«On voit de plus en plus de sans-abris dans le secteur et le vandalisme est en hausse constante. Nous essayons d’avoir des programmes pour les jeunes le samedi matin, mais des parents ne veulent pas déposer leur enfant parce que des gens utilisent des drogues à l’entrée», raconte Christian Taylor.
«C’est un vrai problème.»
Le Centre alimentaire Peter McKee a ouvert ses portes en 2016.
Il compte six employés et 135 bénévoles.
Le centre prépare également de nombreux repas avec la nourriture amassée, mais aussi avec les aliments récoltés dans le jardin communautaire.
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