Monnaie unique : la Guinée tergiverse face à l’eco de la CEDEAO

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d’État de la CEDEAO avaient réaffirmé leur engagement à lancer l’eco en 2027, en misant sur les pays remplissant les critères de convergence. Les autorités guinéennes préfèrent, elles, attendre avant d’adopter la monnaie unique régionale, s’interrogeant sur le régime de change et le fonctionnement de l’eco, et réclamant des assurances avant de s’engager plus avant.

Cette prudence n’a pourtant pas empêché la Guinée d’obtenir, lors du sommet de la CEDEAO tenu le 19 juillet à Freetown, son intégration à la Task Force présidentielle chargée de conduire les travaux politiques sur la mise en œuvre de l’eco. « La Guinée est partie prenante dans la réflexion pour la mise en place de cette monnaie. Le président de la République a été approché pour intégrer ce groupe de chefs d’État qui va travailler sur sa mise en œuvre. Ensuite, nous verrons, en fonction des paramètres de notre pays, quelle décision sera prise », a précisé le porte-parole du gouvernement guinéen, Ousmane Gaoual Diallo.

Lors du Conseil des ministres du 30 juillet, le président de la transition, Mamadi Doumbouya, a lui-même réaffirmé son attachement au franc guinéen, en circulation depuis plus de 65 ans, comme instrument stratégique de sa politique économique. Des experts évoquent aussi un argument économique : les échanges entre la Guinée et ses voisins ouest-africains ne représentent que 16 %, contre 80 % avec l’Asie, principalement la Chine.

Le Sénégal, de son côté, avance dans une direction différente, le Premier ministre Ousmane Sonko ayant déjà appelé à la ratification de la réforme de la BCEAO préparant la transition vers l’eco pour les pays de l’UEMOA. Des réunions de la CEDEAO, programmées avant décembre, date du prochain sommet, apporteront peut-être des réponses aux appréhensions de Conakry, afin d’éviter un faux départ à l’eco.

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