« On n’en parle pas assez » : pourquoi dans cette Coupe du monde, l’équipe de France est aussi terrifiante sans le ballon qu’avec – franceinfo
Peu évoqué mais décisif, le travail sans ballon des Bleus les rend aussi solides derrière que tranchants devant, un atout qui pourrait peser face à l’Espagne, mardi en demi-finales.
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Depuis le début de la Coupe du monde, les Français et fans du monde entier s’extasient de la force de frappe offensive et créative des Bleus. Les quatre fantastiques de l’attaque incarnent cette nouvelle équipe de France, prête à assumer le déséquilibre pour imposer sa loi. Mais, pour que cela fonctionne, une organisation tactique efficace sans le ballon est nécessaire. Et c’est dans ce registre que le collectif tricolore a le plus progressé ces dernières semaines, en s’appuyant sur un pressing coordonné et un contre-pressing très intense.
Ce travail de contre-pressing consiste à récupérer le ballon le plus rapidement et le plus haut possible juste après l’avoir perdu dans le camp adverse. « On n’en parle pas assez », a concédé le défenseur Ibrahima Konaté, dimanche. « Ce qui m’impressionne le plus, c’est la capacité que l’équipe a pour récupérer les ballons. Ce que fait l’équipe hors possession, cette capacité à garder le ballon dans le camp adverse, est extraordinaire », avait analysé Thierry Henry dans le vestiaire des Bleus après la victoire en toute maîtrise contre le Maroc (2-0), au micro de la Fédération française de football.
En quarts de finale, les Bleus n’ont pas laissé leurs adversaires réciter leur partition, en dépit du plan de jeu offensif initial de Mohamed Ouahbi. Les attaquants et milieux ont coupé la relation entre les relanceurs de la base arrière et les manieurs de ballon marocains. Ils ont anéanti tout projet de relance propre avec un bloc-équipe placé haut sur le terrain. La première ligne est venue exercer le pressing pour forcer la défense adverse à une relance trop prudente ou trop compliquée, avec une deuxième ligne prête à intervenir avant même que le destinataire ne puisse contrôler le ballon.
L’équipe de France a exercé 1339 pressions défensives depuis le début de la Coupe du monde, ce qui la place au même niveau que l’Espagne, la référence dans ce domaine (1332), selon un décompte de la Fifa. D’après FotMob, elle est également deuxième au nombre de ballons récupérés dans le dernier tiers adverse (126, juste derrière l’Espagne, à 131), avec une moyenne de 4,8 par match, ce qui est sensiblement supérieur aux deux précédentes éditions du Mondial (4,1 en 2022 et 2,1 en 2018).
« Sur le premier but, il y a double, triple récupération pour pouvoir continuer », a noté Thierry Henry. Les efforts déployés par Lucas Digne, Adrien Rabiot et Désiré Doué ont en effet permis de débloquer la rencontre sur l’ouverture du score de Kylian Mbappé. L’ironie est savoureuse quand on se souvient des déclarations de l’intéressé à la veille du match contre l’Irak. « Depuis que j’ai commencé le foot, on nous a dit de copier le jeu de possession de Barcelone, l’attaque à trois du Real, l’intensité du Bayern, et maintenant on nous demande le contre-pressing du PSG. L’équipe qui gagne inspire toujours. Maintenant, le foot de sélection, c’est autre chose », avait-il développé.
L’exploit de Didier Deschamps est justement d’avoir mis en place ce que peu d’entraîneurs parviennent à obtenir, malgré un temps de travail bien plus limité que dans un club. Et cette activité collective tricolore sans le ballon n’a pas qu’un impact offensif. Elle est aussi ce qui a permis en grande partie aux Bleus de n’avoir jamais été vraiment menacés depuis le début de la phase à élimination directe. Mike Maignan n’a par exemple eu qu’un arrêt à faire sur les deux derniers matchs.
La menace est filtrée à la source. « Ça démarre d’en haut, avec notre manière d’aller presser, d’aller gêner les premières relances et les premières lignes de passe. Et je pense qu’on est monté en puissance dans ce tournoi, à ce niveau-là. Forcément, quand le travail est très bien fait en haut, et puis au milieu, ça nous expose un peu moins », a confirmé Jules Koundé, lundi. Le travail de l’ombre d’un joueur comme Michael Olise, dans le Top 20 des joueurs ayant provoqué le plus de pertes de balle dans le dernier tiers adverse (30 au total), en est l’illustration. Dans le fond, Dayot Upamecano et William Saliba n’ont que très rarement à intervenir.
« On est une équipe confortable avec la balle, mais aussi plus bas et exploiter les transitions, parce que nous avons beaucoup de qualités pour jouer de cette façon. »
Jules Koundéen conférence de presse
Face à l’Espagne, qui monopolise le ballon (66% de possession moyenne, contre 58% pour les Bleus), la capacité à être efficace sans le ballon sera d’autant plus importante. Si le pressing n’est pas efficace, l’équipe de France aura une autre carte à jouer, la transition rapide ; une phase de jeu qui maximise généralement les qualités de ses quatre attaquants, parfois frustrés du peu d’espaces laissés par des adversaires recroquevillés.
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