Paris affirme « prendre acte de la décision unilatérale du Burkina Faso de rompre ses relations diplomatiques »
Adama Bamba
27 Juin 2026•Mise à jour: 27 Juin 2026
AA / Istanbul / Adama Bamba
La France a réagi vendredi à la décision du Burkina Faso de rompre ses relations diplomatiques avec Paris, affirmant « prendre acte » de cette décision unilatérale annoncée par les autorités burkinabè.
Dans une déclaration publiée samedi par le porte-parole du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, les autorités françaises indiquent « prendre acte de la décision unilatérale du Burkina Faso de rompre ses relations diplomatiques avec la France ».
Paris a par ailleurs exprimé son regret face à cette annonce, estimant qu’il s’agit d’une « décision hostile et sans fondement qui illustre la dérive préoccupante des autorités burkinabè ». Le Quai d’Orsay a ajouté que « les mesures de réciprocité qui s’imposent sont en cours d’examen ».
La diplomatie française a néanmoins tenu à réaffirmer son attachement au peuple burkinabè, déclarant que « la France réitère sa solidarité avec la population du Burkina Faso » et rappelant « la densité des liens qui unissent nos deux peuples ».
Le gouvernement français a également indiqué suivre avec attention la situation sécuritaire dans le pays. Selon le communiqué, « les autorités françaises portent une attention particulière à la sécurité des personnels de l’État présents dans le pays et de la communauté française résidant au Burkina Faso ». Dans ce contexte, Paris appelle ses ressortissants à « une vigilance renforcée ».
Pour rappel, le gouvernement burkinabè avait annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec la République française à compter du 26 juin 2026.
Dans un communiqué signé par le porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouedraogo, les autorités burkinabè ont expliqué que cette décision faisait suite à une « évaluation approfondie » des relations entre les deux pays.
Selon le texte, Ouagadougou estime que « les conditions indispensables à la promotion de relations fondées sur le respect mutuel, la confiance réciproque, le respect du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures et de la souveraineté nationale ne sont plus réunies ».
Le gouvernement burkinabè a également accusé la France de mener un « activisme incessant » contre les intérêts du Burkina Faso, dénonçant notamment « des ambitions néocoloniales affichées », ainsi qu’un « soutien actif à des réseaux subversifs et aux terroristes qui endeuillent notre pays et le Sahel ».
Les autorités ont affirmé avoir fait « le choix de la responsabilité et de la souveraineté » face à ce qu’elles qualifient de « visées impérialistes de domination ».
Tout en annonçant la rupture diplomatique, le gouvernement burkinabè a toutefois précisé que cette mesure « ne remet nullement en cause les liens historiques, humains, culturels et sociaux qui unissent les peuples burkinabè et français » et qu’elle vise « exclusivement le cadre institutionnel des relations entre les deux États au plan diplomatique ».
Ouagadougou a également assuré vouloir garantir la protection des ressortissants étrangers présents sur son territoire et a appelé la population à faire preuve de « responsabilité, de retenue et de civisme » à l’égard des ressortissants français et de l’ensemble des expatriés vivant dans le pays.
Depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, les relations entre le Burkina Faso et la France se sont fortement détériorées sur fond de montée du sentiment anti-français dans plusieurs pays du Sahel.
Les autorités burkinabè ont notamment exigé le départ des forces françaises stationnées sur leur territoire et engagé une diversification de leurs partenariats sécuritaires dans la lutte contre le terrorisme.
Plusieurs médias français ont également été suspendus au Burkina Faso au cours des dernières années, dans un contexte de tensions croissantes entre Ouagadougou et Paris.
La réaction française publiée samedi constitue la première réponse officielle de Paris depuis l’annonce de la rupture des relations diplomatiques par les autorités burkinabè.
Crédit: Lien source