Tout le monde, en Guadeloupe, connaît Raymonde Pater-Torin ; dèpi ni kilti on koté, i la ! Mais tous ne savent pas qu’elle s’est aussi illustrée dans le monde du basket-ball, dans l’archipel, mais aussi dans l’Hexagone.
« Je ne sais pas si je me fais connaître par le basket, dans un premier temps. Mais, déjà, l’usine de Darboussier, c’est vrai que c’était notre lieu privilégié pour pouvoir faire du sport, donc le basket. Et il suffisait de traverser la rue pour pouvoir aller, non pas chercher un travail, mais pour aller plutôt s’amuser. L’ACD, c’est le club formateur de rigueur, le club formateur de dépassement de soi, dans un premier temps. Ensuite, quand je suis allée au RCB (Reims Champagne Basket), à ce moment-là j’avais 14 ans, je me suis retrouvée propulsée dans une équipe qui jouait en Nationale 3. Quand je suis revenue en 79, je suis allée d’abord à la Red Star avec Messieurs Chonchon et Eric Corentin. Et, après, avec les études au CREPS, j’ai été voir Ginette Goth à l’ASPTT, pour terminer ma carrière de basketteuse au Club Sportif Mouliens, avec mon époux Jean-Claude Torin comme coach, pendant près de 10 ans. »
Raymonde Pater-Torin, professeure de danse
Elle a, par ailleurs, été enseignante pendant plus de 40 ans, au lycée Faustin Fleret de Morne-à-l’Eau. Sa matière : l’éducation physique et sportive.
« J’intègre l’Éducation nationale en 1982. J’ai 20 ans. Je suis toute jeune, il y a des élèves qui sont plus âgés que moi. Et j’intègre un lycée, le lycée Faustin-Fleret de Morne-à-l’Eau, où j’ai fait toute ma carrière. Je passe 42 ans à Faustin-Fleret, j’y fais toute ma carrière, je ne change pas. J’installe le lycée, j’installe les terrains et j’installe aussi d’autres choses, comme l’art-danse. »
Raymonde Pater-Torin, professeure de danse
Mais ce qui fait sa renommée, c’est surtout son engagement au service de la pratique du Gwo Ka, notamment au sein de son école de danse Kamodjaka. Un art qu’elle a rapidement maîtrisé.
« Avec Jacqueline Cachemire, j’apprends l’art de la chorégraphie avec une intention, un parti pris bien spécifique. Comment, à partir de toi-même, de ta danse, tu peux transformer ton folklore en de l’art, de la danse artistique ? En 1998, je suis enseignante à Faustin-Fleret et j’ai des élèves que j’initie au Gwo Ka. On crée Kamodjaka Modern Jazz Caraïbes, une création chorégraphique UNSS, où le Gwo Ka rencontre à la fois le Modern Jazz et la Caraïbe. »
Raymonde Pater-Torin, professeure de danse
En emmenant sa passion au sein de l’établissement où elle enseigne et en soutenant un mémoire sur le thème « une danse guadeloupéennes à l’école« , Raymonde Pater-Torin attise la curiosité de l’Education nationale.
« Cela déclenche, au niveau national, beaucoup d’étonnement, beaucoup de curiosité et on me demande de monter en Guadeloupe, en 1991, avec mes collègues, avec Jacqueline, avec les personnes ressources, avec la Guyane, avec la Martinique (ça devient une pieuvre), un projet intégrant les pratiques traditionnelles dans l’enseignement de l’Education physique et sportive. »
Raymonde Pater-Torin, professeure de danse
Cette femme, entière, sans concession, est aussi l’auteur de deux livres, dont « Soukou Nyanme – Peau cachée, peau sacrée » (Editions Nèg Mawon – 2023), qui lui a notamment valu le 1er prix littéraire Lire aux Eclats, édition 2024, dans la catégorie Créole.
REPORTAGE/ « Pawòl Djòk » est la rubrique que Guadeloupe La 1ère consacre aux personnalités qui ont marqué la Guadeloupe de leur empreinte. La première diffusion de ce numéro remonte au 12 mai 2026, dans le journal « 13h en Guadeloupe » présenté par Eddy Golabkan, en télévision.
- Rédacteur : Eddy Golabkan
- Reporteur d’images : Christian Danquin
- Monteur : Marius Avril
- Mixeur : Cédric Jean-Baptiste
Et si vous connaissez des personnalités aussi inspirantes que Raymonde Pater-Torin, quels que soient leurs domaines d’activité et que vous jugez bon de les mettre en avant, vous pouvez nous contacter par mail, à l’adresse suivante : 13henguadeloupe@francetv.fr.
Crédit: Lien source