En ce 14 juillet, la place de la Victoire à Pointe-à-Pitre a été le théâtre d’un rassemblement citoyen pour dénoncer les difficultés d’accès à l’eau potable en Guadeloupe. Environ 200 personnes ont répondu à l’appel, lancé cette fois par de jeunes habitants déterminés à faire entendre leur voix face à une situation qu’ils jugent inacceptable.
À l’origine de cette mobilisation, Fanny Delver, une jeune femme installée en Guadeloupe depuis un an et demi, sur la terre natale de ses parents. Confrontée aux coupures d’eau à répétition, elle explique avoir voulu réunir les habitants touchés par cette crise.
« Cela fait un an et demi que je suis en Guadeloupe. Aujourd’hui, je peux compter plus de jours où je n’ai pas eu d’eau que de jours où j’en ai eu à mon robinet. Là, ça commence à traîner, cela fait plus de vingt jours, et c’est la deuxième fois en trois mois. Je me suis dit : ça suffit. J’ai essayé de voir s’il y avait d’autres personnes dans ma situation et j’ai constaté qu’il existait plein de petits groupes partout, mais personne ne parle d’une seule voix aujourd’hui en Guadeloupe. C’est ce que j’ai voulu créer aujourd’hui : un rassemblement pour tous. »
Fanny Delver, organisatrice du rassemblement
Les membres des collectifs habitués à dénoncer la crise de l’eau étaient également de la partie. Eux aussi regrettent une mobilisation qu’ils jugent insuffisante au regard de l’ampleur du problème.
Pour Teddy Inamo, président du collectif Eau Digne, le manque de solidarité freine le mouvement.
« On essaye aujourd’hui de rassembler le maximum de personnes, de faire appel à tous nos contacts. Je pense que l’on manque de solidarité vis-à-vis du problème de l’eau et c’est ce qui fait que cette problématique dure aussi longtemps. Quand certains n’en ont pas, d’autres en ont, donc la mobilisation monte et redescend. Il faut dire stop. Que l’on ait de l’eau ou pas, on veut que toute la Guadeloupe ait de l’eau et c’est ça l’objectif de notre collectif. »
Teddy Inamo, président du collectif Eau Digne
L’eau un besoin vital, qui est aussi un facteur important, dans la décision de certains jeunes, installés là-bas, qui envisagent le retour au pays.
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