Le ministère malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a transmis aux autorités du Royaume d’Arabie saoudite une note de protestation formelle, dénonçant l’entrée non autorisée d’Ibrahim Moustapha, correspondant des chaînes Al Arabiya et Al Hadath, sur le territoire malien. Le communiqué du ministère, publié cette semaine, accuse le journaliste d’avoir opéré dans le nord du pays sans accréditation, en complicité présumée avec des groupes armés terroristes — une qualification qui n’a, à ce stade, fait l’objet d’aucune réponse publique de la part des chaînes concernées ni de Riyad.
Des reportages depuis Kidal, ville hors contrôle de l’État
Selon des éléments rapportés par plusieurs médias africains, Ibrahim Moustapha aurait couvert la situation à Kidal après que les Forces armées maliennes (FAMa) et leurs auxiliaires russes de l’Africa Corps se soient retirés de la ville, fin avril 2026, à la suite d’un accord négocié avec le Front de libération de l’Azawad (FLA). Kidal, tombée aux mains de la coalition FLA-GSIM lors des offensives coordonnées du 25 avril, échappe désormais au contrôle de Bamako, de même que Tessalit, Aguelhoc et Hombori, passées sous emprise rebelle au début du mois de mai.
Le ministère malien a rejeté les contenus diffusés par le journaliste, les qualifiant d’« informations mensongères et dénuées de tout fondement », visant selon lui à discréditer les Forces de défense et de sécurité du Mali. Bamako dénonce également ce qu’elle décrit comme un manquement grave aux règles de déontologie journalistique.
Une crise qui fragilise un partenariat de longue date
La protestation malienne cible directement l’État saoudien, propriétaire via le groupe MBC des deux chaînes incriminées. Le communiqué souligne explicitement que de tels agissements, de la part de médias d’un « pays frère et ami historique du Mali », sont « de nature à entacher les relations bilatérales ». L’avertissement prend du poids au regard du rôle traditionnel de Riyad comme bailleur discret du Mali, notamment à travers des financements d’infrastructures religieuses et culturelles, et de la place des deux pays au sein de l’Organisation de la coopération islamique (OCI).
Le ministère des Affaires étrangères du Mali a réaffirmé qu’aucune atteinte à la souveraineté ou à l’intégrité territoriale du pays ne serait tolérée, précisant que les faits reprochés sont passibles de sanctions au regard de la législation malienne en vigueur. Riyad n’a pas encore formulé de réponse officielle.
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