« Près de 50% des moyens du SDIS Guadeloupe ne sont pas opérationnels ! » : un rapport qui fait froid dans le dos
Un mois et demi après sa prise de fonction en Guadeloupe (c’était le 1er janvier 2026), le directeur départemental des services d’incendie et de secours (DDSIS), le contrôleur général Sylvain Montgénie, a produit un document au titre évocateur : « Rapport d’étonnement du DDSIS 971« , daté du 19 février. Son analyse tient en sept pages et sa lecture s’avère particulièrement décapante.
On apprend ainsi que nos sapeurs-pompiers sont amenés à intervenir quasiment deux fois plus que leurs collègues de l’Hexagone, alors que la moitié de leurs moyens d’intervention sont hors service.
Les sept ambulances remises aujourd’hui ne suffisent pas à combler le manque de moyens criant décrit.
Des moyens matériels et humains nettement insuffisants
C’est le cas par exemple des véhicules de secours et d’assistance aux victimes (VSAV) : 52% des 50 ambulances sont inutilisables. Pour les moyens nautiques, c’est encore pire : aujourd’hui, seuls deux jet-skis et cinq zodiacs sont opérationnels.
Du côté des infrastructures, le tableau n’est pas plus réjouissant. Beaucoup de casernes sont décrites comme vétustes et insalubres, certaines ont même leurs toitures qui fuient. D’autres manquent de rayonnage pour le matériel d’intervention, qui est alors entreposé à même le sol.
Concernant les ressources humaines, le Service départemental d’incendie et de secours déplore 104 postes vacants et non budgétés. De fait, l’essentiel des interventions est réalisé par des sapeurs-pompiers volontaires. Certains, alors que leur statut est précaire, totalisent plus de 2000 heures de garde par an, soit davantage qu’un pompier titulaire.
Vient enfin la question des finances. Depuis 2023, la situation est jugée préoccupante. L’exercice 2025 a été clôturé avec un déficit d’1,8 millions d’euros et 2026 s’annonce encore pire. Les contributions des communes et du Conseil Départemental ne suffisent plus et le SDIS n’a pas les capacités financières pour emprunter.
En conséquence, si aucune dotation supplémentaire n’est attribuée, le contrôleur général va jusqu’à remettre en cause l’ouverture des casernes de Marie-Galante et de Pointe-Noire, en cours d’achèvement.
« À ma prise de fonction, j’ai eu à préciser au personnel de notre établissement que le SDIS 971 était l’affaire de TOUS, du sapeur au contrôleur général, y compris les PATS, mais il conviendrait de rajouter également, dans la situation que nous vivons, les élus de Guadeloupe, car sans un soutien fort de leur part, nous ferons naufrage !!! »
Conclusion du contrôleur général Sylvain Montgenie, directeur départemental du SDIS Guadeloupe
Nous vous proposons de voir le détail de ce rapport ci-dessous :
Remise de 7 nouveaux VSAV
C’est dans ce contexte que les agents du SDIS ont rencontré les maires de Guadeloupe, ce lundi matin (20 avril 2026), à l’amphithéâtre de l’Espace régional du Raizet (Les Abymes). De nombreux élus ont répondu présents à cette réunion. Ils ont tenu à démontrer leur volonté de dialoguer avec les pompiers de l’archipel, autour des enjeux de protection des populations et d’organisation des secours sur le territoire.
« L’opérationnalité a fortement évolué. Aujourd’hui, les véhicules que nous mettons à leur disposition sont utilisés un peu plus qu’avant et, derrière cette réalité-là, il y a une situation financière du SDIS qui est maintenue depuis plusieurs années mais qui doit évoluer. Elle doit nous permettre de répondre à ces besoins croissants, en termes d’opérationnalité, en termes d’interventions sur le terrain. »
Henry Angélique, président du conseil d’administration du SDIS Guadeloupe
Les clés de sept nouveaux VSAV ont été remis à ce service de sécurité civile ; de quoi combler apaiser, mais pas de combler les besoins de ceux qui, au quotidien, viennent au secours des Guadeloupéens.
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