Prix des transports aérien : 3 questions à Jiovanny William, chargé d’une mission parlementaire sur l’évolution des prix des billets d’avion

Alors qu’il est à Paris, le député de Martinique chargé d’une mission parlementaire sur l’évolution des prix des billets d’avion a répondu à nos questions.

Il lui reste quelques semaines avant de remettre son rapport à la ministre des Outre-mer et au Premier ministre le 30 juin. Et même s’il indique que « ce travail n’est toujours pas terminé« , des préconisations ont retenu son attention.

Jusqu’à 2 000 euros, l’aller-retour Fort-de-France-Paris, sauriez-vous dire pourquoi les prix sont si élevés aujourd’hui ?

Il y a une conjonction de facteurs. Déjà, après le Covid, il y a une augmentation de près de 20 % des prix des billets d’avion. Il y a aussi le contexte international que nous connaissons avec l’augmentation du kérosène. Il faut savoir que le kérosène représente 20 à 25 % des prix d’un billet d’avion. Et puis il y a des coûts structurels parce qu’il y a une fiscalité aussi qui a augmenté et donc ça se répercute sur les prix des billets.

Comment peut-on les réduire ?

Il y a des préconisations sur le court terme, mais aussi sur le long terme.

Sur le court terme, il faut déjà financer des mesures et pour cela, il faut les trouver dans nos finances publiques et cela passe par la fiscalité.À mon sens, il y a des points de fiscalité qu’il faut modifier parce qu’il y a une espèce de conjoncture des événements sur le plan des finances publiques. Et puis il y a un travail sur le long terme qu’il faut produire, notamment par la continuité territoriale, peut-être qu’il faut passer par une continuité régionale. Il y a aussi des considérations d’algorithmes qu’il faut aussi, sans doute, modifier.

On parle toujours du modèle corse comme étant la panacée, mais il faut un modèle martiniquais de continuité territoriale. Pour l’heure, il y a des mesures encore une fois de fiscalité à mettre en place, des obligations de services publics concernant les compagnies aériennes, notamment pour baisser les prix significativement et faire en sorte que tout chacun puisse partir sur les destinations.

Est-ce que les compagnies aériennes seraient disposées à agir tout de suite ?

Il y a pour le moment quelques compagnies qui ont été interrogées, pas toutes. Le travail n’est pas terminé. Mais en tout état de cause, les compagnies aériennes demandent à ce que le poids de la fiscalité soit moins important. Sur le kérosène également, il y a des questions qu’il faudra trancher. Il y a des questions concernant les redevances aussi qu’il faudra trancher pour nos territoires et je pense que notre statut de région ultrapériphérique est un statut qui nous permettrait aussi d’avoir plus de leviers.

Selon le député, les compagnies dites low-cost ne représentent pas une piste envisageable. « Pour qu’elle s’installe dans nos régions, il faut qu’il y ait un modèle économique viable. Et pour le moment, il n’y a aucun modèle économique qui peut être soutenable dans nos régions par rapport à une installation d’une compagnie dite low-cost« , explique-t-il.

Bonus : avez-vous l’assurance que ce rapport, comme d’autres, sera correctement exploité qu’il ne sera pas mis dans un tiroir ?

J’ai accepté cette désignation, ce n’est pas pour me cacher, c’est pour travailler et donc je ferai tout et je suis sûr que je serai aussi aidé et accompagné par mes collègues pour que les choses avancent.

Après le Lamentin et Fort-de-France, une nouvelle réunion publique aura lieu ce vendredi 5 juin à Saint-Pierre.

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