Projet Simandou : la CTG célèbre ses 4 ans et annonce près de 4 000 emplois en trois ans, avec plus de 500 millions de dollars pour les entreprises guinéennes
La Compagnie du TransGuinéen (CTG) a célébré, ce vendredi 31 juillet 2026, dans un réceptif hôtelier de Kipé, en haute banlieue de Conakry, le quatrième anniversaire de sa création, sous le thème : « 4 ans sur les rails de la transformation », en présence du ministre directeur de cabinet de la présidence de la République et président du Comité stratégique du projet Simandou, du ministre secrétaire général à la Présidence de la République, de plusieurs membres du gouvernement, des sociétés partenaires, ainsi que des employés et collaborateurs de la CTG et du projet Simandou, notamment SimFer, Rio Tinto, Winning Consortium Simandou et Baowu.

Cette célébration a marqué quatre années d’engagement au service d’une vision tournée vers l’avenir. Elle a été ponctuée par plusieurs interventions retraçant la genèse, la conception et le parcours de la Compagnie du TransGuinéen, tout en mettant en lumière ses perspectives et ses actions futures.
Selon les chiffres présentés au cours de la cérémonie, les réalisations enregistrées comprennent notamment la construction de 650 kilomètres de voies ferrées multi-usages, des infrastructures portuaires modernes à Moribaya, dotées de deux quais minéraliers capables d’exporter 120 millions de tonnes par an à régime stabilisé, ainsi qu’un quai commercial pouvant traiter 2,5 millions de tonnes de marchandises et d’équipements chaque année.
Le directeur général adjoint de la Compagnie du TransGuinéen, Dr Moussa Bérété, premier Guinéen recruté par la CTG, a rappelé qu’à l’occasion du troisième anniversaire de la société, celle-ci comptait moins de dix employés, contre plus de 120 aujourd’hui, dont 70 % de Guinéens.
« Les missions qui m’ont été confiées, le contenu local, c’est d’abord passer les marchés aux entreprises guinéennes. Le président du Comité stratégique m’a dit : pour moi, le contenu local en termes de contrats, c’est que les dividendes rentrent dans la poche des Guinéens. Deuxièmement, c’est l’emploi des Guinéens. Et troisièmement, le renforcement des capacités, le transfert des compétences et de la technologie », a-t-il déclaré.
Au cours de son intervention, le directeur général adjoint a réaffirmé l’engagement de la CTG à accompagner davantage les entreprises guinéennes et à multiplier les opportunités d’emploi au cours des trois prochaines années.
« Dans les trois prochaines années, la CTG s’engage à dépenser plus de 500 millions de dollars sur les entreprises guinéennes. Sur l’emploi des Guinéens, comme vous le voyez déjà, de moins de 10 employés, à la troisième année, nous sommes à plus de 120, donc plus de 70 % sont des Guinéens. Et d’ici la fin de l’année 2026, nous nous attendons à plus de 400 emplois, dont 70 % seront des Guinéens. Et dans les trois prochaines années, nous nous engageons à vous fournir plus de 3 900 emplois aux Guinéens. La guinéisation, c’est vrai qu’aujourd’hui, on dit que la CTG doit être une société guinéenne pour les Guinéens, mais c’est une trajectoire. On ne peut pas le commencer dès maintenant, mais nous le ferons. »
Un accent sur le transfert de compétences
Abordant la question du transfert de compétences, Dr Moussa Bérété a assuré que la CTG œuvre activement au renforcement des capacités nationales.
« Parfois, vous le savez plus que moi, il est difficile de trouver [les profils nécessaires], parce que les 3 900 employés, ce ne sont pas seulement les emplois de terrain, ça doit commencer au leadership jusqu’au dernier niveau. Mais parfois, on a du mal à trouver certains postes à pourvoir par des Guinéens. Et ce que nous faisons, quand nous prenons un manager ou un directeur expatrié, automatiquement, nous prenons un adjoint guinéen, pour que dans un an ou deux ans, on ait un plan de transfert de compétences pour que le Guinéen prenne la position de leadership immédiatement dès que le transfert de compétences est effectué. »
De son côté, le directeur général de la Compagnie du TransGuinéen, Robin Lu, est revenu, au nom de la CTG, sur le sens de cette célébration, l’impact créé collectivement et les ambitions qui continuent de guider la société.

« Notre vision demeure très claire : devenir une entreprise guinéenne de logistique de classe mondiale, reliant la Guinée au monde. Il y a quatre ans, la CTG était une ambition. Aujourd’hui, c’est une réalité qui tient ses promesses. Rien de tout cela n’aurait été possible sans l’engagement de beaucoup de personnes. Je profite de cette opportunité pour exprimer ma sincère gratitude au gouvernement de la Guinée, à nos actionnaires, à nos partenaires et, par-dessus tout, à chaque membre de la famille CTG. »
Poursuivant, le directeur général de la Compagnie du TransGuinéen a affiché la volonté de la société de contribuer à limiter la fuite des cerveaux vers l’Occident.
« Nous ne voulons plus voir les talents guinéens partir en Amérique, au Canada ou en Europe pour réaliser leurs rêves. Ils peuvent maintenant rester en Guinée et réaliser leurs rêves. La CTG s’engage à travailler en étroite collaboration avec notre partenaire, l’État guinéen, nos clients fondamentaux, nos partenaires industriels et l’ensemble des parties prenantes. […] Et nous travaillerons ensemble avec l’ensemble de nos partenaires pour former plus de 2 000 techniciens et ingénieurs. Nous sommes déterminés à promouvoir et développer les entreprises locales guinéennes, afin de grandir ensemble avec la communauté », a-t-il annoncé.
Bouna Sylla revient sur les étapes de la naissance de la CTG
Le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, qui fut le premier président du conseil d’administration de la CTG, du 27 juillet 2022 au 15 avril 2025, a indiqué que cette célébration constituait une occasion de mesurer le chemin parcouru, tout en rendant hommage à la vision du président de la République, le général Mamadi Doumbouya, dont l’engagement en faveur des infrastructures stratégiques constitue l’un des piliers du programme Simandou 2040.

« Cet anniversaire n’aurait pas pu être possible sans une vision et un leadership. Et cette vision et ce leadership de Son Excellence Monsieur le président de la République ont suivi un cheminement, de la conception du co-développement à cet anniversaire aujourd’hui. Cette aventure, vous vous souviendrez qu’il y avait deux projets. Il y avait le projet SimFer de Rio Tinto et il y avait le projet de Winning Consortium Simandou. Le président de la République a exigé que ces deux projets se mettent ensemble, travaillent ensemble pour le développement de ce projet dans l’intérêt de toutes les parties, notamment dans l’intérêt stratégique de la République de Guinée. »
Revenant sur les principales étapes ayant conduit à la concrétisation du projet, il a rappelé : « Cela a commencé par la signature, le 25 mars 2022, de l’accord-cadre portant sur le développement du projet Simandou. Ensuite, le 27 juillet 2022 est née cette formidable société qu’on appelle la Compagnie du TransGuinéen, dont les statuts ont été signés ce jour-là, le 27 juillet 2022. Ensuite, pour traduire la vision de Son Excellence Monsieur le président de la République, l’État et les partenaires industriels ont partagé leur vision du projet, qui s’appelle les attentes de l’État, le 11 novembre 2022. Et le 22 décembre 2022, il y a eu la signature des feuilles de route qui ont permis de négocier l’ensemble des accords qui ont permis la réalisation de ce projet unique dans le monde », rappelle le ministre en charge des Mines et de la Géologie.
Poursuivant son intervention, il a ajouté : « Ensuite, il y a eu ce qu’on appelle les accords de Shanghai en janvier 2023, qui ont permis la relance du projet conformément à la vision de Son Excellence Monsieur le président de la République, et la signature, le 8 mars 2023, du pacte d’actionnaires de la Compagnie du TransGuinéen. Le 18 mars 2023, le projet a été relancé à Moribaya par Monsieur le président de la République. Le 10 août 2023, il y a eu la signature de la convention de co-développement entre la République de Guinée, Winning Consortium Simandou, Baowu, Rio Tinto et Chinalco. […] Et enfin, le plus beau pour la fin, le démarrage des opérations le 11 novembre 2025 à 11h11 à Moribaya. »
La CTG, un acteur stratégique du projet Simandou
S’exprimant au nom du ministre directeur de cabinet de la présidence de la République et président du Comité stratégique du projet Simandou, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Djami Diallo, a souligné que, depuis sa création, la Compagnie du TransGuinéen s’est imposée comme un acteur stratégique dans la mise en œuvre de l’un des plus grands projets intégrés de développement du continent africain.

« Grâce à l’engagement de ses équipes, à la qualité de la coopération entre les partenaires et à l’accompagnement constant des plus hautes autorités de l’État, ce qui relevait hier d’une vision ambitieuse est devenu une réalité tangible portée par une volonté politique affirmée, un partenariat exemplaire. »
Évoquant la portée du quatrième anniversaire de la CTG, la ministre a estimé que cette célébration intervient dans un contexte particulier, marqué par une nouvelle dynamique de transformation économique du pays.
« En effet, la Guinée s’est engagée dans une nouvelle dynamique de transformation économique, qui repose sur une conviction simple. Les richesses naturelles de notre pays doivent constituer le socle d’un développement durable, inclusif et créateur de prospérité pour tous. C’est dans cet esprit que Son Excellence Monsieur Mamadi Doumbouya, président de la République, chef de l’État, a porté la vision Simandou 2040. Une vision qui dépasse largement l’exploitation d’un gisement minier pour inscrire Simandou dans une stratégie globale de développement national. »
Pour finir, celle qui portait la voix du président du Comité stratégique du projet Simandou a souligné :
« Quatre années à l’échelle d’une nation peuvent sembler bien courtes. Pourtant, elles auront suffi pour transformer une vision audacieuse de Son Excellence Monsieur Mamadi Doumbouya en une réalité concrète, porteuse d’espoir et de prospérité pour notre pays. »
Mamadou Yaya BARRY
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