Rapport 2025 du GIABA : Le Niger affiche des résultats encourageants, le Mali, le Nigéria et le Burkina Faso sortent de la « liste grise » du GAFI
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Le rapport met en lumière des avancées majeures pour la région, marquées notamment par le retrait réussi de trois États membres de la liste des pays sous surveillance renforcée du GAFI, signe d’une conformité accrue face aux normes financières internationales. Le Niger présente des résultats encourageants, avec des avancées significatives, tout en reflétant les défis inhérents au processus de mise à niveau réglementaire. Ce rapport a été rendu public à l’occasion de la Session annuelle d’information du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) tenue du 6 au 7 juillet 2026 à Dakar au Sénégal
C’est un signal fort pour l’écosystème financier de l’Afrique de l’Ouest. En effet, à la suite de visites sur place concluantes, le Mali, le Nigéria et le Burkina Faso sont officiellement sortis de la « liste grise» du Groupe d’action financière (GAFI). Cette réussite majeure découle d’un engagement politique de haut niveau, d’une action nationale rigoureusement coordonnée et d’un appui technique et stratégique soutenu de la part du GIABA.
Les efforts consentis par ces trois pays pour exécuter pleinement leurs plans d’actions respectifs ont permis d’améliorer de façon substantielle leurs dispositifs de Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme (LBC/FT). Cette étape franchie renforce la confiance globale dans la capacité de la région ouest-africaine à corriger ses lacunes stratégiques. Alors que la région s’apprête à entamer son troisième cycle d’évaluations mutuelles, le GIABA encourage vivement l’ensemble des États membres à maintenir cette trajectoire positive.
Le rapport met également en perspective la performance des autres pays de la région à travers le tableau de réévaluation de la conformité technique (CT) à fin décembre 2025. Parmi eux, le Niger affiche des résultats encourageants, bien que certaines marges d’amélioration demeurent, illustrant la complexité du processus de mise à niveau réglementaire. L’analyse détaillée des 40 recommandations du GAFI montre que le Niger a réussi à consolider de solides bases de conformité (notées « Conforme – C » ou « Largement Conforme – LC ») sur une part importante de ses dispositifs. Le pays enregistre notamment d’excellents scores sur les premières recommandations (avec une forte concentration de mentions LC et C de la recommandation 1 à 4) ainsi que dans son bloc central de conformité (recommandations 16 à 21). Toutefois, des zones de vulnérabilité persistent, matérialisées par plusieurs notations «Partiellement Conforme (PC) » et quelques mentions « Non Conforme (NC) » (telle que sur la recommandation 8), rappelant le chemin qui reste à parcourir pour harmoniser pleinement l’ensemble du cadre juridique nigérien.
Si la dynamique est positive pour plusieurs pays, la Côte d’Ivoire figurait toujours, à la fin de l’année 2025, sur la liste des pays nécessitant une surveillance accrue. Le GIABA a réaffirmé son engagement à lui fournir l’assistance technique nécessaire pour mener à bien ses réformes et consolider son dispositif global de LBC/FT/FP.
Au-delà du suivi de la conformité, le rapport 2025 met en exergue l’approche prospective du GIABA face aux menaces émergentes. L’organisation a notamment lancé une étude régionale d’envergure sur les typologies de criminalité financière basée sur le commerce, visant à analyser l’impact des nouvelles dynamiques commerciales sur les flux financiers illicites.
Par ailleurs, le GIABA s’est penché de près sur l’application des normes aux Organisations à But Non Lucratif (OBNL). Soucieux d’appliquer une approche fondée sur les risques, le GIABA veille à ce que ces réglementations protègent le secteur humanitaire et associatif contre les abus liés au financement du terrorisme, tout en évitant des conséquences imprévues comme le ciblage injustifié ou l’étouffement des activités civiles légitimes. À cet égard, un nouveau processus introduit par le GAFI en juin 2025 vient renforcer cette dynamique de régulation équilibrée.
Clôturant avec succès les activités de son deuxième cycle, le GIABA affiche un bilan solide en matière de renforcement des capacités et de collaboration régionale. Fort de ces fondations, l’institution prévoit d’intensifier la surveillance, d’approfondir la coopération avec le GAFI ainsi qu’avec les acteurs régionaux, et de privilégier des approches rigoureuses basées sur les données probantes pour aborder les défis à venir.
Oumar Issoufou,
Envoyé spécial à Dakar
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