En République démocratique du Congo (RDC), la Conférence épiscopale nationale (Cenco) s’oppose à tout changement constitutionnel. Une décision prise lors d’une table ronde qui s’est terminée samedi 20 juin et qui a duré trois jours.
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Avec notre correspondante à Kinshasa, Paulina Zidi
L’objectif des évêques était de pouvoir prendre position sur la question d’un changement de la Constitution en RDC. Ils ont donc entendu des membres de l’opposition et du camp présidentiel, ainsi que des experts et constitutionnalistes pour nourrir ce débat. Pour rappel, les autorités défendent ce projet, quand l’opposition y voit une manière d’offrir au président Félix Tshisekedi la possibilité de se maintenir au pouvoir, après la fin de son second mandat.
Il n’y a donc aucune ambiguïté et aucune demi-mesure dans le message des évêques. « Nous ne voyons ni la nécessité ni l’urgence ni l’opportunité d’un changement de la Constitution », ont-ils affirmé dans cette déclaration lue par monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale.
La Cenco estime que « tout passage en force comporte des risques énormes dont la balkanisation du pays. Dans un contexte où les rivalités politiques revêtent des connotations ethniques et tribales, le déclenchement d’une autre guerre civile est à redouter. »
« La Constitution elle-même prévoit les dispositions de sa modification »
Les religieux appellent donc le président à honorer son serment de respecter et de défendre la Constitution. Ils demandent aux ecclésiastiques de porter ce message et de s’attendre à des actions à venir. Les évêques se sont aussi adressés au peuple congolais : « Le pays va mal, mettons-nous debout. Il est impérieux de prendre notre destin en main, sinon notre avenir sera hypothéqué pour longtemps. »
Pour monseigneur Donatien Nshole, l’église ne rejoint pas l’opposition, mais reste fidèle à l’un de ses principes : le respect de l’ordre constitutionnel. « La Constitution elle-même prévoit les dispositions de sa modification et les articles qu’on ne peut pas déverrouiller. […] L’Église intervient comme société civile et ne doit pas être indifférente aux défis de son temps qui sont de taille : il s’agit de la sécurité et de la paix durable », a encore déclaré ce dernier, estimant au passage que la campagne de la majorité au pouvoir en faveur du changement se faisait « dans un climat de terreur contre des voix discordantes au sein même de la majorité ».
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