Le ministre responsable de la Sécurité publique et de la Francophonie du Nouveau-Brunswick, Robert Gauvin, a reçu en mai son diplôme de baccalauréat en art dramatique, quelque 40 ans après avoir arrêté ses études universitaires.
Alors qu’il avait eu une longue carrière dans le milieu artistique avant de faire le saut en politique en 2018, il manquait trois crédits à Robert Gauvin pour obtenir son baccalauréat de l’Université de Moncton.
Le ministre explique qu’il a pris la décision de ne pas finir son baccalauréat après avoir décroché des contrats qu’il ne voulait pas perdre alors qu’il était encore étudiant.
J’ai été très très chanceux, j’ai été occupé toute ma carrière de comédien. Pendant 30 ans, je n’ai jamais arrêté. Donc [le fait que je n’avais pas de baccalauréat] c’était quasiment oublié, parce qu’il y avait tellement de contrats et de travail à faire
, explique-t-il.
Je suis certain qu’il y a beaucoup de gens qui pensaient que j’avais déjà mon bac […] La première ministre ne savait pas, elle non plus.
L’idée d’achever ce qu’il avait entrepris, il y a quatre décennies, a germé lors de la journée du Hockey à Moncton, en janvier, à la suite d’une conversation informelle avec le ministre de la Justice du Nouveau-Brunswick, Rob McKee, le recteur et vice-chancelier de l’Université de Moncton, le Dr Denis Prud’homme, et la première ministre de la province, Susan Holt.
Rob McKee a commencé à parler et il a dit : « Robert, il lui manque un cours au choix en deuxième année [pour avoir son baccalauréat] »
, a-t-il expliqué au micro de L’heure de pointe.
Pour obtenir les crédits qu’il lui fallait, Robert Gauvin a eu une équivalence pour son travail professionnel de comédien dans Le Pays de la Sagouine.
Jamais trop tard
Une quinzaine de textes qu’il avait écrits pour les personnages principaux de L’Île-aux-Puces, qui ont été corrigés par Antonine Maillet, ont été présentés à la direction de l’Université et reconnus comme équivalence du cours manquant.
Il y a amplement de travail là-dedans pour combler au moins ces trois crédits-là
, dit Robert Gauvin. C’est le travail le plus difficile que j’ai eu, pas parce que c’était négatif, mais parce que ça demandait de la rigueur. Mme Maillet était exigeante, et avec raison. C’était ses personnages.
Une fois les équivalences confirmées, Robert Gauvin a pu choisir de recevoir son diplôme par la poste ou d’aller le chercher à l’occasion de la collation des grades de l’Université de Moncton, à la fin mai.
Diplôme d’art dramatique de Robert Gauvin
Photo : Facebook/Robert Gauvin
Robert Gauvin raconte que son ami, l’artiste acadien et ami Hert, l’a encouragé à choisir la deuxième option.
Il m’a dit : « Vas-y et rends ça public, parce que ça va peut-être donner de l’encouragement aux gens .
C’est donc ce qu’il a fait.
C’était une très belle cérémonie. Ça a été un très, très beau samedi à passer en famille et avec les gens de la communauté .
Robert Gauvin affirme n’avoir jamais regretté de ne pas avoir obtenu son diplôme universitaire.
Je faisais de la comédie
, dit-il, ajoutant qu’il s’est senti valorisé dans son travail d’humoriste et de comédien grâce au rire des spectateurs.
Avant de se lancer en politique, Robert Gauvin dit avoir demandé à son frère, qui est avocat, si l’absence d’un diplôme était une lacune.
La politique, ce ne sont pas les études. Tu as le cœur à bonne place, c’est ça que ça prend pour commencer
, lui aurait répondu ce dernier.
Jamais trop tard
Robert Gauvin dit avoir fait cette démarche pour avoir le sentiment de compléter quelque chose et aussi pour inspirer ses enfants.
Mon garçon vient de terminer sa première année à l’université. J’étais content qu’il voit ça aussi. Le message est pour lui et pour tout le monde qui se dit : « Bah, regarde, tant qu’on peut, faisons-le. »

Le ministre Robert Gauvin entouré de sa famille lors de la collation des grades de l’Université de Moncton.
Photo : Robert Gauvin
Le ministre dit aussi avoir reçu plusieurs messages de gens que sa démarche a inspirés.
C’est un message d’encouragement
, résume-t-il. On a une vie. Fait que, quand on est en santé, puis qu’on peut avancer et faire de quoi de positif, que ce soit pour soi-même ou pour encourager les autres ou, dans ce cas, peut-être les deux, eh bien, pourquoi pas!
Avec des informations de l’émission L’Heure de pointe – Acadie
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