Après près de quatre heures de débats tendus ce jeudi soir à Carcassonne, la Fédération française de rugby à XIII et les onze clubs du Super XIII ont trouvé un compromis sur le calendrier du prochain championnat. Une société externe accompagnera aussi une réflexion stratégique sur l’avenir de la discipline.
Réunis ce jeudi soir à Carcassonne autour du président de la Fédération française de rugby à XIII, Dominique Baloup, les présidents des clubs de Super XIII et des formations engagées en Super League (Dragons et TO) ont finalement trouvé un terrain d’entente sur l’avenir du championnat. Après « 3 h 40 de réunion », parfois animées, les échanges ont débouché sur un compromis concernant la prochaine saison. « Ça a démarré un peu dans le rentre-dedans, comme le rugby à XIII a l’habitude de mener ses débats », reconnaît Dominique Baloup. Malgré ce climat tendu, un accord collectif a été trouvé et le championnat de Super XIII dans sa version 2026-2027 reprendra le 31 octobre et le 1er novembre, pour s’achever par la finale le samedi 19 juin 2027. Cette solution intermédiaire se veut un compromis entre les clubs favorables à un statu quo et la volonté fédérale d’expérimenter une nouvelle saisonnalité. « Ça fait une espèce de mi-chemin entre la volonté des clubs de décaler ou pas et celle de la fédération de mettre en place une période d’expérimentation », explique Dominique Baloup qui avait proposé de commencer le prochain exercice début décembre.
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Au-delà du calendrier, les clubs ont également validé à l’unanimité le principe d’un accompagnement externe destiné à réfléchir à l’avenir du rugby à XIII français. La société parisienne OLBIA Conseil, spécialisée dans l’accompagnement stratégique des organisations sportives et institutionnelles, interviendra dès le mois de juin. « Ils vont travailler étroitement avec les présidents de clubs, les collectivités et les partenaires pour faire le point sur les comportements, les structurations et les évolutions possibles », détaille le président fédéral. L’objectif affiché est de bâtir une feuille de route stratégique indépendante de la fédération. Pour Dominique Baloup, cette démarche doit permettre de sortir des oppositions internes qui freinent, selon lui, les évolutions du rugby à XIII. « Les solutions proposées ne sont jamais jugées crédibles par tout le monde. Certains disent qu’on a déjà essayé, d’autres que ça a échoués pour des raisons politiques ou personnelles », glisse-t-il. Le débat sur un éventuel basculement vers une saison davantage centrée sur le printemps et l’été reste toutefois ouvert. La fédération estime que le rugby à XIII souffre actuellement d’une concurrence frontale avec les grands sports hivernaux et leur forte exposition médiatique. « Aujourd’hui, on arrive après tout le monde dans l’espace médiatique et sportif », rappelle Dominique Baloup, convaincu qu’un repositionnement du calendrier pourrait permettre au XIII de retrouver de la visibilité et de créer de nouveaux rendez-vous festifs autour des rencontres. Rappelons que l’idée d’un démarrage en décembre avait pourtant été envisagée ces derniers mois. Une première consultation organisée à Toulouse au mois de mars avait validé cette hypothèse d’une courte majorité, avant qu’un questionnaire adressé aux clubs ne fasse émerger une opposition plus nette. « Six voix contre cinq, c’était trop fragile pour engager une réforme aussi importante », estime le président fédéral, qui souhaitait « embarquer davantage de monde dans le choix. »
Nous allons voir ce que nous sommes capables de construire, autant sur le plan sportif que festif
Le compromis adopté ce jeudi doit aussi permettre de préserver la visibilité internationale des équipes de France engagées en Coupe du monde. Les compétitions féminines et fauteuil adopteront également un calendrier adapté, avec une reprise envisagée après les échéances mondiales. Reste désormais à observer les effets de cette formule transitoire. Dominique Baloup espère notamment profiter du mois de juin pour développer des événements plus festifs autour des rencontres de championnat. « Nous allons voir ce que nous sommes capables de construire, autant sur le plan sportif que festif « , conclut-il.
Entre compromis sportif et réflexion stratégique, le rugby à XIII français ouvre donc une nouvelle phase de transition. Reste désormais à transformer l’essai sur le terrain comme en dehors, avec l’ambition de redonner visibilité, attractivité et élan populaire à une discipline en quête d’un nouveau souffle et qui verra sa finale du championnat se disputer samedi prochain (16 h 30) à Paris entre Carcassonne et Pia XIII Baroudeur devant plus de 10 000 personnes.
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