Troisième album solo en français de Julie Aubé, Rural nous emporte au coeur de la Vallée de Memramcook avec des incursions en Louisiane, en abordant des thèmes du quotidien, de la distance et de la magie de l’ordinaire. Avec ce nouvel opus empreint de beaucoup d’amour et ancré dans son territoire, l’auteure-compositrice-interprète a le sentiment d’avoir enfin trouvé son son.
Parallèlement à son parcours avec les Hay Babies, Julie Aubé aime mener ses projets personnels. Entre les albums des Hay Babies, il peut se passer quelques années. Et pour l’artiste de Memramcook, la magie du studio et de la composition est irremplaçable. C’est ce qu’elle préfère dans l’industrie de la musique. Écrire des chansons et les enregistrer. En créant ses propres projets, cela lui permet de composer des pièces plus personnelles, tandis qu’avec les Hay Babies, elles doivent trouver un fil conducteur qui relie l’ensemble du trio.
«C’est comme un petit baume aussi de pouvoir écrire une chanson sur un ami qui quitte trop tôt, la mort de quelqu’un, sur tomber en amour ou juste sur la vraie vie qui se passe en même temps.»
Cette nouvelle collection de 11 chansons qui échappe aux tendances fait suite à son micro album en anglais Boiling Over, sauf que cette fois, elle le fait en français. Un projet qui représente encore mieux comme artiste, estime-t-elle.
«Avec les Hay Babies, je pense que j’ai eu la chance de visiter tous les styles qui m’inspirent, puis d’en faire, mais à la base, je suis une personne qui, la majorité du temps, écoute du country, puis du folk. C’est un country spécifique aussi. C’est pas juste le country de ceux qui jouent à la radio.»
Sa rencontre avec Philippe Billeaudeaux, un musicien de Lafayette, a été déterminante sur le plan artistique, tout comme sur le plan personnel, raconte-t-elle. En plus de partager leur vie, les deux artistes partagent un grand amour pour la musique. Philippe Billeaudeaux qui signe la coréalisation de l’album a joué dans plusieurs groupes country du sud des États-Unis, mentionne l’auteure-compositrice-interprète.
«Il a été vraiment bon pour m’encourager, pour me dire tes chansons, comme tu les écris, elles sont bonnes. On pourrait les endisquer comme ça», a expliqué l’artiste qui, par le passé, a travaillé avec des réalisateurs qui avaient tendance à vouloir changer les versions originales de ses chansons.
Ses sources d’inspiration
Inspirée par ses nombreux séjours en Louisiane, Julie Aubé a intégré des sonorités country cajuns sur cette nouvelle offrande. Elle a été influencée aussi par son artiste féminine préférée, la Louisianaise Lucinda Williams, qu’elle a vue en concert. Elle confie traverser une période de sa vie où il y a beaucoup d’amour, ce qui se ressent sur son disque.
«Je suis tombée en amour, puis en même temps, je découvrais des choses que je suis vraiment en amour avec, comme la danse en Louisiane, la culture, la façon d’être. On dirait que je suis sur une nouvelle voie dans ma vie que je ne savais pas qui existait avant tout ça. Je n’ai jamais imaginé que ma vie se passerait à moitié en Louisiane.»
À son tour, elle a fait découvrir le Nouveau-Brunswick à son amoureux qui adore Memramcook. «Il trouve que c’est le paradis sur terre.» C’est ainsi qu’elle a redécouvert un peu sa province. Pendant leur lune de miel au Parc Fundy, son compagnon lui a fait remarquer qu’il n’y avait pas vraiment de chanson sur le Nouveau-Brunswick. C’est ainsi qu’elle a écrit une chanson d’amour pour sa province. Très jolie ballade d’ailleurs.
L’artiste a fait de la Vallée de Memramcook un véritable personnage dans ses compositions. C’est en déménageant à nouveau dans sa région natale à l’âge adulte qu’elle a compris toute la beauté de l’endroit et l’esprit communautaire si cher à son coeur. Engagée dans sa communauté, elle a rejoint le cercle des Dames d’Acadie de Memramcook qui compte environ 150 membres.
«Je suis toujours impressionnée par ces rencontres. Elles me parlent de ce qu’elles ont fait dans le village. On parle de la vie, de coutume, de Memramcook avant, de qu’est-ce qu’on voudrait qui se passe ou du monde qui a besoin d’aide. Ça m’a rapprochée de mon village.»
Elle aborde la ruralité au quotidien, avec sa poésie brute, près du quotidien, à la fois intime et universelle. «Je voulais raconter un peu la ruralité, comment c’est bien, comment c’est beau.”
Il y a aussi une chanson qui célèbre les femmes. “C’est vrai, puis c’est triste et c’est beau en même temps.»
L’album comprend quelques ballades poignantes comme Mes yeux sont bleus sur l’amour à distance. Le disque a été enregistré au studio La Grosse Rose avec plusieurs musiciens, dont Mico Roy, Marc-André Béliveau, Philippe Billeaudeaux, Christien Béliveau et Marie-André Gaudet au violon. Une session d’enregistrement s’est déroulée également en Louisiane, avec Joël Savoie au violon, Steve Riley à l’accordéon et Richard Comeaux à la guitare pedal steel.
Julie Aubé lancera son album vendredi à 19h au Club d’âge d’or de Memramcook.
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