Safran va investir 120 millions pour tripler la production de gyroscopes à résonateur hémisphérique

Le directeur général de Safran Olivier Andriès annonce « un investissement de 120 millions d’euros » pour tripler sur le site de Montluçon la production de gyroscopes à résonateur hémisphérique (GRH). Cette technologie disruptive équipe ses centrales inertielles, véritables « cerveaux de navigation » d’un véhicule, d’un navire ou d’un aéronef…

Safran investit à nouveau dans ses capacités de production dans le domaine de la défense. Dans une interview accordée à « La Tribune Dimanche », le directeur général de Safran Olivier Andriès annonce « un investissement de 120 millions d’euros pour augmenter » sur le site de Montluçon les capacités de production de gyroscopes à résonateur hémisphérique (GRH), une technologie disruptive située au cœur des centrales inertielles (système de navigation qui détermine en continu la position, la vitesse et l’orientation d’un véhicule) fabriquées par l’équipementier de défense.

« Nous allons passer d’une production de 10 000 GRH par an à 30 000, triplant ainsi notre production d’ici 2032. Plus de 150 emplois vont être créés », a-t-il expliqué à La Tribune Dimanche. Cet investissement industriel à Montluçon fait partie d’une enveloppe globale de 1,4 milliard d’euros qui a été décidée en 2025 par Safran pour augmenter ses capacités de production dans le monde.

Ainsi, l’équipementier aéronautique a déjà annoncé lancer des investissements en Inde – production des bombes guidées laser AASM et ateliers de maintenance et de réparation (MRO) dédiés aux moteurs civils LEAP et militaires M88 (Rafale) -, au Maroc – atelier MRO et ligne d’assemblage des LEAP -, à Dubaï – production et assemblage des sièges -, et, enfin, en Belgique où le groupe va construire une usine d’aubes de compresseurs. En France dans l’Ain, Safran a annoncé en juillet dernier le lancement d’une implantation d’une quatrième usine de production de freins carbone aéronautiques.

Un senseur à l’état de l’art

Safran est un leader mondial dans le domaine de la navigation inertielle. « Nous sommes, et c’est assez rare pour le signaler, reconnus par la DARPA pour être à l’état de l’art sur cette technologie », a-t-il rappelé dans l’interview. C’est le fruit d’une collaboration depuis 50 ans avec l’État français dans le domaine de la dissuasion. Car Safran conçoit et fabrique des senseurs inertiels pour tous les éléments de la dissuasion française, au niveau des sous-marins nucléaires, des missiles balistiques et du lanceur Ariane. « Nous sommes les seuls au monde à maîtriser la technologie disruptive au cœur de nos centrales inertielles, celle des gyroscopes à résonance hémisphérique (GRH) », a-t-il précisé.

Selon le directeur général de Safran, le GRH est « plus performant » que les senseurs gyroscopiques triangulaires traditionnels, les gyrolasers. Non seulement Safran équipe tous les composantes de la dissuasion française avec le GRH, mais il fournit également ce bijou technologique aux canons d’artillerie autotractés Caesar, aux bateaux de la marine nationale, aux véhicules terrestres et, enfin, à la bombe AASM (Armement air-sol modulaire). Cet équipement permet aux systèmes d’armement d’avoir « une précision diabolique ».

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Safran combine la maîtrise de la précision (GRH) avec celle du temps grâce au rachat d’Orolia il y a trois ans. « La maîtrise du temps, c’est ce qui nous permet de développer des systèmes anti-brouillage et anti-leurrage de signaux GNSS. Nous proposons ainsi des systèmes dit PNT (Positioning, Navigation, and Timing, soit positionnement, navigation et synchronisation) résilient », a rappelé le patron opérationnel de Safran.

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