Sarah Camille, une voix entre trois mondes, en résidence artistique puis en concert à Tropiques Atrium

Née d’une mère franco-martiniquaise et d’un père norvégien, Sarah Camille évolue entre trois univers culturels : martiniquais, français et norvégien.

Installée en Norvège, elle chante et s’exprime en français, créole, anglais et norvégien, cultivant une identité artistique plurielle, héritée d’une famille d’artistes et de penseurs.

« Ma musique est une rencontre entre le jazz, la chanson populaire et la musique traditionnelle. Mes chansons sont faites à base de poésie, c’est ce qui les dirige. »

Sarah Camille, artiste · ©Interrogée par Jean-Marc Kennenga

Une résidence tournée vers la Martinique

Découverte remarquée au Festival culturel de Fort-de-France en 2022, Sarah Camille revient avec une proposition artistique sensible, entre mémoire, poésie et quête d’un monde plus humain.

La chanteuse sera en résidence artistique à partir du lundi 20 avril et jusqu’à son concert, afin d’y approfondir son lien avec le patrimoine martiniquais.

Elle explorera notamment le bèlè avec l’association Bèlè an Wout et collaborera avec des artistes comme Joël Jacoulet et Jann Beaudry. Une collaboration artistique dont devrait découler un disque.

Son concert « Ani ni sonjé », le samedi 25 avril, à 19h30 (Salle Frantz Fanon, Tropiques Atrium) restituera ces échanges et ces rencontres, dans un dialogue entre traditions et création contemporaine.

« An ni sonjé », entre mémoire et transmission

Inspiré du poème de Gilbert Gratiant, mis en musique par Paulette Nardal, « An ni sonjé » plonge dans la mémoire collective antillaise.

« Ce poème s’adresse à ceux qui étaient loin de leur île et les invite à faire vivre leurs souvenirs. »

Sarah Camille, artiste · ©Interrogée par Jean-Marc Kennenga

Une œuvre profondément liée à son histoire familiale et transmise par sa grand-mère, ancienne choriste de Paulette Nardal.

Elle cite aussi comme inspiration l’illustre cantatrice martiniquaise Christiane Eda Pierre, cousine de sa grand-mère, qui a nourri son rapport à la musique.

La Martinique, comme une présence constante

Peu importe la distance, la Martinique irrigue le quotidien de Sarah Camille et sa création :

« Quand je fais des concerts avec des enfants, je parle en créole, je dis “yékrik yékrak”. Je porte du madras sur scène, je chante des chansons créoles… même ma fille s’appelle Soley. »

Sarah Camille, artiste · ©Interrogée par Jean-Marc Kennenga

Son travail a été récompensé en 2020 par un Spellemann awards, un prix décerné à un artiste ou à un groupe norvégien qui s’est particulièrement distingué au cours de l’année, dans la catégorie musique pour enfants.

Son univers sonore, doux et immersif, se déploie comme un paysage entre Nord et Caraïbe, porté par une voix intime et enveloppante.

Malgré tout, évoluer entre plusieurs cultures demande un équilibre et une écoute de chaque instant : « Il faut s’adapter à chaque public tout en restant fidèle à soi-même. La rencontre est au cœur de mon travail, entre langues, styles et sensibilités. »

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